Demande de report de l’audience par Carlos Ghosn en fuite au Liban
En fuite au Liban depuis fin 2019, Carlos Ghosn a adressé un courrier à la justice française dans lequel il sollicite le renvoi de l’audience, qui doit s’ouvrir le 16 septembre, à une date ultérieure, tout en assurant vouloir « s’expliquer » sur les faits, qu’il nie, rapporte TopTribune.
Le 8 septembre, des sources concordantes ont confirmé que l’ancien PDG de Renault a demandé un report pour son procès qui l’incrimine pour corruption, abus de pouvoir, abus de confiance et trafic d’influence. Il doit être jugé aux côtés de l’ex-ministre Rachida Dati, également poursuivie pour corruption et trafic d’influence, ainsi que pour recel d’abus de pouvoir et d’abus de confiance. La décision concernant cette demande ne sera prise qu’à l’ouverture de l’audience.
Sous le coup d’un mandat d’arrêt international et d’un mandat d’arrêt français émis en avril 2023, Carlos Ghosn a fui au Liban après sa célèbre arrestation au Japon en décembre 2019. Dans sa lettre adressée au tribunal, il évoque le non-respect des délais de convocation devant la justice française. Pour un prévenu résidant en dehors de l’Union européenne, le Code de procédure pénale stipule qu’il doit être informé au moins deux mois et dix jours avant sa comparution, soit au plus tard le 6 juillet, ce qui n’a pas été respecté selon ses dires.
« Ces demandes ne tendent à aucune manoeuvre dilatoire. Je ne cherche pas à retarder ce procès. Je cherche à pouvoir y prendre part. Depuis six ans, je demande à être entendu, à accéder à mon dossier, à m’expliquer sur des faits que je conteste », écrit le dirigeant de 72 ans dans sa lettre signée, datée du 11 août, mais parvenue au tribunal de Paris fin août, d’après l’AFP. Il propose également de participer à l’audience par visioconférence depuis Beyrouth si cela est possible.
Le procès de Carlos Ghosn et Rachida Dati est prévu jusqu’au 28 septembre. Au coeur de l’affaire se trouve un contrat signé le 28 octobre 2009 entre Rachida Dati et RNBV, une filiale de l’alliance Renault-Nissan, dont Carlos Ghosn était alors PDG. L’ex-ministre est accusée d’avoir perçu 900 000 euros en trois ans pour des prestations de conseil qu’elle n’aurait pas réellement fournies et d’avoir illégalement fait du lobbying au Parlement européen pour le constructeur automobile.
Rachida Dati, de son côté, affirme qu’elle a agi dans le cadre de son rôle d’avocate. « Rachida Dati veut être jugée, et jugée maintenant. Elle veut en terminer et mettre cela derrière elle, elle a travaillé son dossier, elle est déterminée et combative », a fait savoir son avocat Olivier Pardo à plusieurs médias.