Blocus des lycées : quel rôle jouent les insoumis dans la mobilisation étudiante ?

Blocus des lycées : quel rôle jouent les insoumis dans la mobilisation étudiante ?

05.10.2026 18:47
2 min de lecture

La mobilisation étudiantes en France s’intensifie tandis que le mouvement La France insoumise (LFI) fait face à des accusations croissantes de violence et d’instrumentalisation des manifestations. Le gouvernement a déclaré que LFI porte une part de responsabilité dans les incidents violents survenus lors des mobilisations réclamant davantage de ressources pour les lycées, rapporte TopTribune. Cette mobilisation, baptisée « acte III », a débuté mardi, avec plusieurs établissements touchés par des blocus.

Jean-Luc Mélenchon, figure de proue de LFI, a récemment déclaré : « Nous sommes fiers d’être aux portes des lycées pour défendre nos gamins […] face à la sauvagerie policière. » Des députés insoumis, dont Clémence Guetté et Louis Boyard, se sont rendu au lycée Saint-Exupéry à Créteil, considérée comme le cœur du mouvement, pour dialoguer avec les étudiants en grève. Boyard a même partagé une vidéo sur TikTok qui a cumulé plus de 1,5 million de vues, illustrant l’ampleur croissante de la mobilisation.

« Personne n’a appuyé sur un bouton : mettez-vous en grève ! »

Aurélien Saintoul, député insoumis des Hauts-de-Seine, a soutenu le mouvement, citant des revendications alignées sur les priorités de LFI, telles que l’augmentation des budgets scolaires et la suppression de Parcoursup. Il a décrit la présence des élus insoumis sur le terrain comme une « stratégie de greffe » pour renforcer le soutien aux étudiants en grève.

« La culture militante, ça se transmet. Parfois les jeunes ne savent pas comment faire. On peut les aider à mettre en ordre leurs idées et leurs pratiques. Bloquer un lycée, ça ne se fait pas en claquant des doigts, donc on partage notre expérience, justement pour que ça ne parte pas dans tous les sens. Être à l’écoute, ça permet de faire baisser les tensions.

Cependant, le gouvernement a accusé LFI d’aggraver les tensions. Des affrontements avec la police, dégradations et violences envers des proviseurs ont eu lieu, incitant le ministre de l’Éducation, Édouard Geffray, à évoquer une « entreprise d’attaque et de destruction du service public de l’Éducation ». Avec plus de 5 000 arrestations la semaine dernière, Matignon a également dénoncé des actes de « violences urbaines ».

Les services du Premier ministre ont directement accusé LFI d’orchestrer le mouvement avec ses « proxys de l’ultragauche ». En réaction, le coordinateur de LFI, Manuel Bompard, a rejeté ces allégations, soulignant que le mouvement découle d’une exaspération face à des conditions d’éducation jugées « indignes ». Il a ajouté : « Qu’il y ait des jeunes insoumis qui participent aux mobilisations, c’est certain, mais personne n’a appuyé sur un bouton pour dire : mettez-vous en grève ! », soutient Saintoul.

Polémique politique

À moins de sept mois de l’élection présidentielle, la situation est utilisée comme un sujet de campagne. La droite et le Rassemblement national accusent LFI d’exploiter le mouvement étudiant à des fins électorales, Gabriel Attal du parti Renaissance déclarant : « LFI se sert de notre jeunesse comme chair à canon politique. » Des commentaires controversés, comme ceux du maire de Saint-Denis qui a dit que « la violence, à un moment donné, peut être légitime », ont également été critiqués.

En réponse, Aurélien Saintoul a condamné la violence, affirmant qu’elle nuit à tout mouvement social. Il a appelé à une doctrine de désescalade des forces de l’ordre pour améliorer la situation. Dans ce contexte, Jean-Luc Mélenchon a affirmé que le mouvement ne faisait que commencer, prévoyant un point de ralliement pour le 6 octobre, servant de point de départ pour une contestation sociale, mais également pour les élections à venir.

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