Aslan G., ancien employé d’une pizzeria à Bienne en Suisse, est accusé d’espionnage au profit de la Turquie et comparaîtra devant le Tribunal pénal fédéral suisse ce mercredi 7 octobre. Il est soupçonné d’avoir transmis des informations sur des sympathisants kurdes aux services de renseignement turcs, rapporte TopTribune.
En 2019, Aslan G. a été séquestré et frappé par quatre Kurdes, qui le suspectaient d’espionner leur communauté. Six ans après ces événements, le Ministère public de la Confédération (MPC) l’accuse d’avoir renseigné le MIT, les services secrets turcs, ainsi qu’à la police de Diyarbakir en Turquie au cours de 2018 et 2019.
Les autorités soutiennent qu’Aslan G. a mis en péril la vie et l’intégrité physique des personnes ciblées en Suisse en leur transmettant des informations privées. Parmi les victimes présumées figurent des sympathisants du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), considéré comme une organisation terroriste par la Turquie, l’Union européenne et les États-Unis. Les enquêteurs disposent de preuves, telles que des messages WhatsApp et des appels téléphoniques émis depuis le numéro suisse d’Aslan G.
Des éléments troublants dans l’enquête
Une particularité troublante du dossier réside dans le fait qu’une partie des preuves provient du téléphone portable d’Aslan G., confisqué par ses agresseurs lors de l’incident de 2019. Ainsi, les communications trouvées sur cet appareil ont été récupérées par ceux qui doutaient déjà de sa loyauté. Les quatre individus ont été condamnés pour leur rôle dans cette agression.
Le procès d’Aslan G., qui gère maintenant une pizzeria dans le canton de Fribourg, débute ce mercredi 7 octobre. Il conteste fermement toutes les accusations et demeure présumé innocent jusqu’à un éventuel jugement définitif.
