Bernadette, 70 ans, retraitée vivant dans la rue en raison de sa pension insuffisante : "Aujourd'hui, je peux me permettre un repas ou un café."

Bernadette, 70 ans, retraitée vivant dans la rue en raison de sa pension insuffisante : « Aujourd’hui, je peux me permettre un repas ou un café. »

04.09.2026 07:17
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Bernadette, qui a atteint l’âge de 70 ans, est une retraitée ayant occupé un poste de cadre dans le secteur des ressources humaines. Son existence a basculé lorsque la propriétaire de son appartement est décédée, entraînant une notification d’expulsion émise par le fils de celle-ci. Cette situation l’a conduite à se retrouver sans domicile, une épreuve qu’elle a partagée lors d’une interview accordée au Guardian, rapporte TopTribune.

Après avoir pris sa retraite à 64 ans, croyant ses vieux jours sécurisés grâce à ses deux pensions (l’une provenant de l’État, l’autre privée), Bernadette a vu sa vie prendre un tournant inattendu. La brusque disparition de sa propriétaire et l’avis d’expulsion ont bouleversé son quotidien.

Neuf mois d’errance avant un studio en résidence médicalisée

Bernadette a passé neuf mois dépourvue de logement stable, dormant tour à tour chez des membres de sa famille puis dans des établissements d’hébergement. « Vivre en foyer m’a fait réaliser à quel point de nombreuses personnes sont trop malades pour pouvoir travailler », confie-t-elle. Finalement, en juin, elle a pu emménager dans un appartement d’une chambre en résidence médicalisée.

Depuis qu’elle a retrouvé un logement, elle a réussi à décrocher un emploi à temps partiel comme vendeuse. Ce revenu additionnel, bien qu’inférieur, lui permet de s’acquitter de ses factures et de reconstituer un petit capital. Elle a récemment acheté des chaussures soldées, un achat insignifiant pour certains, mais qui représente pour elle un geste de luxe qu’elle n’avait pas pu faire depuis longtemps. Elle avoue même avoir perdu le souvenir de la dernière fois où elle a acquis quelque chose de nouveau.

Avant cette crise, Bernadette cachait ses difficultés financières à son entourage. À chaque course faite avec des amies, elle feignait d’ignorer certains articles, ou prétendait ne pas avoir faim lors des repas. « En réalité, je n’avais tout simplement pas les moyens de me le permettre. Maintenant, je peux me permettre un café ou un repas, et mettre de l’essence dans ma voiture sans craindre pour mes finances », dit-elle.

Elle résume cette période difficile en affirmant qu’elle survivait plutôt qu’elle ne vivait réellement, et qu’avec la hausse persistante des prix, cette situation était devenue insoutenable.

Son témoignage intervient alors que la France est décrite comme étant en passe de connaître une récession, avec une inflation galopante incendiant les prix sans perspective de recul. En parallèle, le gouvernement envisage de geler les pensions de retraite en 2027, une mesure qui suscite de vives discussions alors que de nombreux citoyens peinent à boucler leurs fins de mois.

Certains retraités continuent à travailler après avoir quitté leur emploi, parfois dans des secteurs physiques peu avantageux pour leur âge.

Bernadette ne constitue pas une exception. Une gardienne d’immeuble de 69 ans à Paris se voit également contrainte de poursuivre son activité, faute d’un revenu suffisant. De son côté, Sharon, 64 ans, se retrouve piégée par une pension calculée trop basse, partageant ainsi le même sort que Bernadette.

Le niveau de vie des retraités a tendance à se dégrader en comparaison avec celui des actifs, alors que le montant des pensions se distancie de plus en plus du coût de la vie réel.

Bien que Bernadette ait retrouvé un toit et un emploi, d’autres retraités dans des situations similaires se trouvent encore sans solution.

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