Les élections municipales à Beausoleil, prévues les 15 et 22 mars prochains, s’annoncent particulièrement exceptionnelles. La ville des Alpes-Maritimes, située à proximité de la principauté de Monaco, est le théâtre d’une confrontation entre Gérard Spinelli, le maire sortant, et son fils, Nicolas Spinelli. Ce dernier, après avoir été adjoint, se présente en tête de liste pour la première fois, rapporte TopTribune.
Gérard Spinelli, 71 ans, brigue un sixième mandat et entame sa septième campagne. Maire sans étiquette de 1989 à 2001 puis de 2008 à 2026, il fait face à une situation délicate après une démission soudaine de son fils, qui, à 39 ans, se lance lui aussi dans la compétition. Le conflit entre les deux hommes émerge principalement sur un nouveau Plan local d’urbanisme (PLU) controversé, prévoyant 1.100 constructions alors que la ville a perdu 2.000 habitants en dix ans.
Un contexte tendu
En janvier 2026, alors que Gérard Spinelli annoncait son entrée en campagne, Nicolas a exprimé ses regrets face à cette situation familiale conflictuelle, soulignant que cela dépasse désormais le cadre politique. Ses accusations portées contre son père incluent des allégations de harcèlement sexuel vis-à-vis d’employées municipales.
« Le linge sale, ça se lave en famille, » affirme Marie, une résidente depuis deux décennies, se déclarant surprise par les tensions. Elle pense néanmoins que l’édile actuel devrait passer la main. « Ça doit être usant » pour lui, observe-t-elle. D’autres, comme Livio Orsi, un autre candidat, attirent également l’attention des électeurs.
Défis urbanistiques à Beausoleil
Le désaccord entre père et fils est profond. Antonio, un retraité, évoque comment il a changé son vote, se sentant déçu par Gérard Spinelli, condamné en 2023 pour détournement de fonds publics. Les effets de l’administration de Gérard sont visibles, mais les promesses de développement urbain ne suffisent pas à répondre aux besoins des habitants.
Les infrastructures de Beausoleil peinent à suivre la croissance de la population de près de 12.000 habitants sur une superficie limitée. Les plaintes des résidents sur le manque de logements abordables sont courantes. « Un studio ici, c’est 1.000 euros, » s’indigne Akila, une mère de famille qui craint pour l’avenir de ses enfants. Les inégalités se creusent, exacerbées par la proximité de Monaco et ses prix exorbitants.
Nicolas Spinelli, de son côté, promet une nouvelle approche. « Ce que j’ai à offrir, c’est la paix et la tranquillité, » déclare-t-il, en évoquant sa volonté de renouveler le système qu’il considère comme en déclin. Malgré une ambiance de campagne difficile, il assure avoir rassemblé une équipe diversifiée et dynamique et dénonce les restrictions d’accès aux ressources municipales pour sa campagne.