Barbara Butch porte plainte pour provocation à la haine après l'interruption de son concert à Grenoble

Barbara Butch porte plainte pour provocation à la haine après l’interruption de son concert à Grenoble

24.07.2026 11:46
2 min de lecture

Cinq jours après l’interruption de son concert à Grenoble, la DJ Barbara Butch a déposé plusieurs plaintes, notamment pour provocation à la haine et à la violence dirigées contre La France insoumise. Militante LGBTQ+ et figure de la scène électro, l’artiste juive fait face à des accusations sévères après avoir soutenu la controversée « loi Yadan ». Victime d’un cyberharcèlement virulent à la suite de la cérémonie d’ouverture des JO de Paris 2024, elle dénonce la violence et l’antisémitisme dont elle est la cible au quotidien et affirme prôner « l’amour et le partage », rapporte TopTribune.

La DJ a connu une vague d’insultes après l’épisode de Grenoble, où des militants ont perturbé son spectacle. Âgée de quarante ans, elle a émergé sur la scène publique lors de la cérémonie d’ouverture des JO, où elle a été vue aux platines entourée de drag queens. Son apparition a été interprétée par certains comme une provocation, déclenchant des réactions négatives sur les réseaux sociaux.

Barbara Butch, qui s’est toujours déclarée fièrement « queer », a évoqué ses origines dans une famille juive traditionaliste, expliquant que l’acceptation de son orientation sexuelle a été un parcours difficile. En février 2020, elle a été temporairement censurée sur Instagram après avoir posé nue sur la couverture de Télérama, pour dénoncer la grossophobie.

Une artiste militante

Engagée aux côtés de la communauté LGBTQ+, Barbara Butch a été choisie en 2021 par Jean-Paul Gaultier comme égérie de son parfum, amplifiant encore sa visibilité dans le milieu artistique. Malgré les succès, elle a dû faire face à une forte hostilité en raison de son apparence et de ses convictions.

Son implication récente dans le soutien à la loi Yadan, qui vise à combattre l’antisémitisme mais est perçue par certains comme une restriction à la liberté d’expression, a exacerbé les tensions. L’artiste a précisé qu’elle ne comprenait pas que des critiques puissent être tournées en violence à son égard, ajoutant : « On me traite d’’assassin’, de ‘sioniste génocidaire’… Je trouve ça fou qu’on puisse se permettre de me prêter des intentions aussi ignobles. »

Harcelée après la cérémonie d’ouverture des JO

Le retour de Barbara Butch sur le devant de la scène, après son implication dans les JO, a été assombri par une série d’attaques en ligne, mêlant lesbophobie, grossophobie et antisémitisme. Elle a déclaré : « C’est malheureux, mais j’ai l’habitude de recevoir des insultes, parce que je suis lesbienne, grosse et juive. » Les critiques ont touché un point sensible, percutant non seulement sur son identité, mais aussi sur son engagement artistique.

Elle a récemment affirmé que sa présence à un événement à l’ambassade de France en Israël, durant l’escalade des violences à Gaza, a également suscité des controverses. « J’ai été invitée par mon ami Frédéric Journès, c’était un événement privé, » a-t-elle précisé, se défendant face à la vague de critiques concernant son choix.

Une tribune signée par erreur selon elle

Barbara Butch plaide l’erreur pour sa signature d’un soutien à la loi Yadan, affirmant qu’elle n’était pas consciente des implications que cette loi pourrait avoir. « Je n’ai lu que la tribune. Dans le texte, il n’y avait pas écrite que la loi empêcherait la critique d’Israël, » a-t-elle protesté, tout en reconnaissant le contexte complexe de la situation politique actuelle.

Elle souhaite désormais se concentrer sur sa musique plutôt que sur les polémiques, déclarant : « Mon endroit, ce n’est pas les débats, ce n’est pas mon métier. Mon métier, c’est d’être DJ, et c’est là que je veux qu’on me voie. »

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