Banques israéliennes : la Palestine privée de ses revenus indispensables

Banques israéliennes : la Palestine privée de ses revenus indispensables

24.07.2026 14:26
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L’Autorité palestinienne tire environ deux tiers de ses financements d’une seule source : les taxes perçues par Israël. Cela fait maintenant plus d’un an que ces transferts ont été interrompus. Actuellement, des banques israéliennes menacent de couper les derniers liens financiers. La Bank Hapoalim et la Discount Bank ont fait savoir qu’elles étaient prêtes à arrêter les services de correspondance bancaire en shekels pour les établissements palestiniens. Un entrepreneur palestinien a résumé la situation de manière alarmante : « Si les banques s’effondrent, c’est l’Autorité qui s’effondre. » Cette situation engendre des conséquences dramatiques pour des millions de Palestiniens, rapporte TopTribune.

L’Autorité palestinienne au bord du gouffre financier

Une dépendance envers Israël : deux tiers des revenus en jeu

La fragile économie palestinienne repose sur des bases instables. Les accords d’Oslo, établis dans les années 90, ont confié à Israël la responsabilité de la collecte des taxes douanières et de la TVA sur les marchandises destinées aux territoires palestiniens. Ces recettes constituent environ 65 % du budget de l’Autorité palestinienne. Sans ces fonds, il devient impossible de couvrir les salaires des 140 000 fonctionnaires, ainsi que les dépenses liées aux hôpitaux publics et aux établissements scolaires. Ce système financier, initialement pensé comme temporaire, a mené à une dépendance chronique. Ramallah n’a pas la maîtrise de ses frontières ni de ses ressources fiscales. Chaque mois, l’Autorité attend que les fonds collectés soient transférés par Israël.

Une suspension des transferts qui s’éternise

Depuis plus d’un an, Israël a gelé ces transferts. Officiellement, Jérusalem justifie cette décision par les versements de l’Autorité palestinienne aux familles de prisonniers et de « martyrs », accusés de soutenir le terrorisme. En conséquence, Ramallah fait face à une crise financière sans précédent. Les fonctionnaires palestiniens reçoivent désormais des salaires souvent amputés, parfois réduits de moitié. Les hôpitaux manquent cruellement de fournitures médicales. Les entreprises peinent à obtenir le paiement de leurs services de la part de l’administration. L’Autorité palestinienne se voit contrainte de s’endetter auprès des banques locales pour subsister, entraînant une spirale d’endettement insoutenable.

Trois piliers de l’économie palestinienne en péril

Salaires des fonctionnaires : l’État dans l’incapacité de payer

Les employés du secteur public palestinien représentent un axe essentiel de la consommation en Cisjordanie. Enseignants, personnels de santé, forces de sécurité : leurs revenus soutiennent des dizaines de milliers de familles. Quand l’Autorité ne peut plus assumer leurs salaires, c’est l’ensemble de l’économie locale qui subit les impacts. Les commerces voient leurs ventes chuter, les paiements de loyers sont en souffrance, et les crédits contractés auprès des banques deviennent insolvables. La rupture des services de correspondance bancaire accentuerait cette dynamique destructrice. Sans accès en shekels, les établissements bancaires palestiniens se retrouveraient dans l’incapacité de retirer les fonds nécessaires pour verser même des salaires partiels.

Alimentation et électricité : des importations cruciales en provenance d’Israël

La Cisjordanie dépend fortement des importations israéliennes. Pour l’électricité, par exemple, une compagnie israélienne fournit 90 % de la consommation des territoires palestiniens. Quant aux aliments, les fruits, légumes, viandes et produits laitiers transitent quotidiennement par les postes de contrôle. Ces transactions se font en shekels, via les banques israéliennes. Si Bank Hapoalim et Discount Bank ferment leurs services, les importateurs palestiniens ne pourront plus régler leurs fournisseurs israéliens. Les rayons des supermarchés se videraient en quelques jours, et les coupures d’électricité se multiplieraient, paralyzant ainsi les établissements de santé et les entreprises.

Le secteur bancaire palestinien : de l’économie formelle à l’informel

Les banques palestiniennes possèdent des shekels, mais ne peuvent les utiliser sans passer par les banques israéliennes. Une cessation des services de correspondance bancaire engendrerait une accumulation de liquidités inutilisables. Face à la panique, les épargnants chercheraient à retirer massivement leurs fonds. Les banques, incapables de répondre à cette demande, pourraient alors faire faillite. Les experts anticipent un passage à une économie informelle : transactions en espèces, circuits parallèles, développement d’un marché noir, un scénario catastrophe pour une économie déjà affaiblie par plus de quinze années de blocus à Gaza et de restrictions en Cisjordanie.

Août 2025 : événement imminent

Un calendrier de rupture et les banques touchées

Le ministère israélien des Finances a annoncé le 22 juillet 2025 la volonté des banques de stopper les services de correspondance. Selon des acteurs du secteur bancaire palestinien, certaines institutions pourraient perdre cet accès dès la mi-août, suivies par d’autres à partir du 1er septembre. Bien qu’aucune liste officielle ne soit disponible, les établissements les plus vulnérables semblent être ceux qui gèrent les comptes des grands importateurs et entreprises palestiniennes. Les négociations entre Jérusalem et les banques israéliennes stagnent, et le temps presse.

Un scénario catastrophe : vers un effondrement bancaire en chaîne

Si aucune solution n’est trouvée, les répercussions seraient immédiates. Les banques palestiniennes ne pourraient plus financer des importations cruciales. De nombreuses entreprises cesseraient leurs activités, faute de liquidités. Les salaires publics, déjà diminués, ne seraient plus versés. L’Autorité palestinienne, privée de ses derniers moyens financiers, perdrait toute légitimité. Les banques jordaniennes, qui opèrent également en Cisjordanie, seraient elles aussi affectées. Adel al-Sharkas, gouverneur de la Banque centrale de Jordanie, a exprimé ses préoccupations face à cette possible rupture. Une crise bancaire palestinienne déstabiliserait toute la région.

Comprendre l’impasse : les raisons du retrait des banques israéliennes

Poursuites civiles : une menace grandissante pour les banques

Les banques israéliennes évoquent un risque juridique croissant. Depuis 2014, l’affaire Arab Bank pèse sur le secteur. Un jury fédéral à New York a condamné cette institution jordanienne pour des liens financiers présumés avec le Hamas, en vertu de l’Anti-Terrorism Act. Depuis lors, les banques israéliennes craignent des poursuites similaires. Le gouvernement israélien leur fournit des « lettres de confort », supposées offrir une protection légale. Toutefois, comme l’indique un responsable du secteur interrogé par l’AFP, «

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