Bachar al-Assad et plusieurs responsables condamnés à mort par contumace pour crimes de guerre en Syrie

Bachar al-Assad et plusieurs responsables condamnés à mort par contumace pour crimes de guerre en Syrie

11.08.2026 18:16
2 min de lecture

Le président déchu syrien Bachar al-Assad et son frère Maher ont été condamnés à mort par contumace mardi 11 août par un tribunal de Damas pour crimes contre l’humanité et crimes de guerre commis pendant la guerre civile, marquant une avancée significative dans la quête de justice post-conflit en Syrie, rapporte TopTribune.

Cette décision est intervenue après un procès qui a débuté en avril et qui a vu plusieurs anciens membres du régime condamnés. Les autorités de transition, qui ont renversé le régime d’Assad en décembre 2024, ont affirmé leur détermination à juger les crimes passés.

Le tribunal a déclaré Assad coupable de divers actes, notamment des meurtres intentionnels, de la torture et d’autres violations des droits de l’homme. La décision a été accueillie par des manifestations de joie en dehors du palais de justice, où de nombreux Syriens ont célébré ces premières condamnations contre des responsables du régime précédent.

Des condamnations historiques

Le juge Fakhr al-Din al-Aryan a prononcé la peine de mort après une procédure qui a permis l’audition de témoignages et la projection d’éléments de preuve accablants, malgré l’absence d’Assad, qui a fui en Russie. Son frère Maher et plusieurs autres anciens hauts responsables militaires, dont l’ex-ministre de la Défense Fahd al-Freij, ont également été condamnés à mort.

Seul accusé présent lors du procès, Atef Najib, ex-chef de la sécurité à Deraa, a reçu une condamnation similaire pour son rôle dans la répression des manifestations pacifiques avec une brutalité extrême.

Réactions et implications

Le tribunal a également noté l’absence de remords de la part des accusés. La commission nationale syrienne pour la justice de transition a qualifié ces jugements d’étape cruciale dans la responsabilisation des auteurs de crimes majeurs. Les condamnés disposent d’un délai de 30 jours pour faire appel.

Human Rights Watch a qualifié ces premières sentences de « test » pour la volonté des autorités syriennes de tenir des procès en accord avec les normes internationales. L’organisation a souligné que l’abolition de la peine de mort est essentielle dans ce cadre.

Une réponse à 15 ans de souffrances

Les célébrations qui ont suivi le verdict ont été décrites par des observateurs comme un reflet de 15 années de douleur et de lutte. La guerre civile syrienne, déclenchée par la répression violente des manifestations pour la démocratie, a causé la mort de plus d’un demi-million de personnes et a créé des millions de déplacés, laissant un héritage tragique dont la Syrie tente de se relever.

Avec la fin du régime d’Assad, qui dirigeait le pays depuis 2000, cette décision pourrait ouvrir la voie à un processus de réconciliation et de justice en Syrie, confrontée à un avenir incertain.

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