EXCLUSIF. Les recherches pour retrouver d’autres ossements de Delphine Jubillar vont reprendre dans les prochaines semaines. D’après nos informations, les enquêteurs devront explorer près de 60 hectares de terres agricoles entre Mailhoc et Villeneuve-sur-Vère. Mais au-delà de cette surface gigantesque, c’est surtout ce qu’il est advenu du tas de compost où le corps a été dissimulé qui laisse entrevoir l’ampleur d’une mission qui s’annonce titanesque, rapporte TopTribune.
Le chantier qui attend les gendarmes à Mailhoc est sans commune mesure avec celui mené les 16 et 17 juillet derniers. Après les aveux de Cédric Jubillar et la discovery des premiers ossements de son épouse, une nouvelle phase de recherches va désormais s’ouvrir. « Il va y avoir des vérifications spécifiques, les fouilles vont se prolonger pour la recherche du corps », confirmait cette semaine Me Laurent Boguet, l’un des avocats des enfants du couple.
D’après nos informations, la zone où peuvent se trouver des ossements de Delphine Jubillar couvre près de 60 hectares répartis sur plusieurs parcelles agricoles situées entre Mailhoc et Villeneuve-sur-Vère. Cela représente environ 84 terrains de football que les enquêteurs devront méthodiquement passer au crible dans l’espoir de retrouver d’autres ossements que les deux fémurs découverts la semaine dernière. Ces éléments sont cruciaux pour tenter d’établir les causes de la mort de l’infirmière, alors que le crâne et une grande partie du haut de son squelette restent introuvables.
Quatre années d’épandage à partir du tas où reposait le corps
Pourquoi une zone de recherches aussi vaste ? La réponse se trouve dans l’histoire du tas de compost désigné par Cédric Jubillar. Toujours selon nos informations, l’agriculteur exploitant cette parcelle y avait commencé à stocker, en 2020, un mélange de compost et de fumier. Le corps de Delphine Jubillar, déposé dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020, y serait resté enseveli pendant au moins six à sept mois, jusqu’à la période des premiers épandages estivaux. C’est ensuite que tout se complique.
Durant quatre années, jusqu’en 2024, ce mélange a été régulièrement épandu sur les différentes parcelles de l’exploitation. À chaque campagne, le compost était chargé, transporté puis dispersé sur les terres agricoles à l’aide d’un épandeur. Dans ce processus mécanique, les restes humains présents au milieu du tas ont pu être déplacés, fragmentés, voire réduits en très petits éléments. Les multiples passages des engins agricoles, venus pendant plusieurs années pour charger puis étaler le compost, ont également pu disperser d’éventuels ossements sur une superficie considérable.
De plus, une partie de ce compost a été prélevée par des particuliers, avec ou sans l’accord de l’exploitant, pour être utilisée ailleurs.
Une opération d’une tout autre ampleur
Cette configuration explique pourquoi les futures recherches n’auront plus rien à voir avec celles conduites la semaine dernière. La parcelle où les premiers ossements ont été découverts couvre environ un hectare, mais seule la zone autour du tas de compost a réellement été fouillée. Malgré ce périmètre limité, il a fallu deux jours de travail et près d’une centaine de gendarmes. Pendant que certains ratissaient le terrain, d’autres sécurisaient les accès et mettaient en œuvre un dispositif anti-drone.
À l’échelle des 60 hectares désormais concernés, le changement de dimension est évident. Les investigations pourraient nécessiter de longues semaines de travail et une organisation particulièrement lourde.
Une autre inconnue demeure. Après la levée du dispositif de gendarmerie le 17 juillet, le premier site de fouilles a attiré de nombreux curieux, au point que les autorités ont installé des barrières, pris un arrêté municipal et renforcé les patrouilles. Il reste à déterminer si ces intrusions auront une incidence sur les investigations à venir.