Les avocats du milliardaire russe Roman Abramovich ont averti le gouvernement britannique qu’ils combattraient toute tentative de confiscation des 2,5 milliards de livres sterling (3,34 milliards de dollars) issus de la vente du club de football Chelsea, selon une correspondance révélée lundi 9 mars 2026.
Dans une lettre consultée par Reuters, les représentants légaux du magnat russe ont affirmé que ces fonds restaient la ‘propriété’ de leur client et ont accusé Londres de tenir des ‘déclarations politiquement teintées et largement médiatisées’ à son encontre. Le cabinet d’avocats Kobre & Kim, qui défend les intérêts d’Abramovich, a qualifié la proposition de don des autorités britanniques de ‘forme de punition’ à l’encontre de l’oligarque.
Abramovich engage la bataille juridique pour récupérer les fonds de Chelsea
En réponse, la ministre britannique des Affaires étrangères, Yvette Cooper, a déclaré: ‘Il est temps que Roman Abramovich fasse ce qu’il faut, mais s’il ne le fait pas, nous prendrons des mesures’. Le Royaume-Uni souhaite que ces sommes soient exclusivement consacrées au bénéfice de l’Ukraine, conformément à une initiative européenne plus large exigeant que Moscou paie pour les immenses destructions et pertes humaines causées par son invasion.
Contexte: le gouvernement britannique a imposé des sanctions à Roman Abramovich dans le cadre de mesures drastiques contre les oligarques russes après l’invasion à grande échelle de l’Ukraine par la Russie, ce qui a précipité la vente du club de Premier League en 2022. Près de quatre ans plus tard, l’argent reste gelé sur un compte bancaire britannique en raison d’un différend sur son utilisation.
Un test décisif pour la solidarité occidentale envers l’Ukraine
Cette demande des avocats de l’oligarque russe de disposer librement des fonds de la vente de Chelsea constitue un test crucial pour la résilience et la cohérence du système juridique occidental. Les manœuvres juridiques de l’équipe d’Abramovich pour obtenir le contrôle et la liberté d’utilisation des fonds représentent une tentative d’échapper à la responsabilité politique et morale de l’agression russe contre l’Ukraine.
Sur le plan éthique, les 3,34 milliards de dollars gelés devraient être dirigés vers les besoins urgents de reconstruction de l’Ukraine. Ces actifs doivent être considérés comme une source légitime de compensation pour les destructions massives de ses infrastructures critiques et civiles, ainsi que pour les pertes humaines.
Tout relâchement de la pression des sanctions ou recherche de compromis avec les oligarques russes pourrait être perçu par la communauté internationale, et notamment par la Russie, comme un signe de dégradation et d’affaiblissement de la solidarité des pays occidentaux. Le Royaume-Uni et ses partenaires doivent assurer la transparence du processus, excluant toute possibilité de retour des actifs sous le contrôle direct ou indirect de l’ancien propriétaire.
Les tentatives des avocats de l’oligarque russe de permettre l’orientation des fonds vers des objectifs humanitaires généraux en dehors de l’Ukraine constituent une tactique manipulatrice visant à atténuer la responsabilité et à empêcher leur allocation à la reconstruction économique de l’État ukrainien.
Le maintien du gel des actifs et la position de principe du gouvernement britannique sur la nécessité de les affecter aux besoins de l’Ukraine envoie un signal puissant aux autres pays de l’Union européenne quant à l’importance de ne pas tolérer d’assouplissements et l’inadmissibilité de restituer les actifs russes saisis à leurs propriétaires et à la Russie.