Championne olympique aux Jeux de Londres en 2012, McKayla Maroney a livré un témoignage glaçant devant le Sénat américain. Elle a évoqué les agressions sexuelles subies dès l’âge de treize ans par le médecin Larry Nassar, ainsi que l’attitude du FBI, qui avait minimisé son récit lorsqu’elle avait tenté de dénoncer les faits en 2015, rapporte TopTribune.
« C’est tout ? » Trois mots qui résument le calvaire vécu par McKayla Maroney après avoir trouvé le courage de dénoncer les agressions sexuellement dont elle avait été victime. Devant le Sénat américain, la gymnaste a détaillé les violences infligées par Larry Nassar, ancien médecin de l’équipe américaine de gymnastique, et la façon dont le FBI a accueilli son signalement en 2015. Pendant près de trois heures, elle a livré aux enquêteurs des détails qu’elle n’a même jamais osé confier à sa propre mère, incluant un incident traumatisant où, à 15 ans, elle a été droguée puis agressée pendant des heures lors d’un déplacement à Tokyo. À la fin de son récit, un agent lui a simplement demandé : « C’est tout ? »
« Un des pires moments de ma vie »
« Que les personnes censées me protéger minimisent ainsi ce que j’avais vécu a été l’un des pires moments de ma vie », a-t-elle déclaré. Cet épisode n’était que le début d’une longue défaillance institutionnelle. Selon son témoignage, sa déposition n’a été officiellement consignée que 17 mois plus tard, avec des informations erronées. Alors que les enquêteurs disposaient d’éléments concrets concernant les agissements de Nassar, ils n’ont pas pris les mesures nécessaires pour protéger les jeunes gymnastes. « Au lieu de me protéger, moi et d’innombrables autres enfants, ils ont choisi de protéger un abuseur d’enfants », a-t-elle déploré. Sa prise de parole a mis en lumière les manquements du FBI dans l’une des plus grandes affaires d’abus sexuels du sport américain.
Larry Nassar a été condamné à trois reprises entre décembre 2017 et février 2018 : à 60 ans de prison pour détention d’images pédopornographiques, puis à deux peines supplémentaires de 40 à 175 ans et de 40 à 125 ans de réclusion pour agressions sexuelles sur des dizaines de jeunes filles et de femmes. Plus de 260 victimes ont dénoncé ses actes. Cependant, les deux principaux agents du FBI impliqués dans les défaillances de l’enquête n’ont jamais été condamnés. Michael Langeman, qui avait recueilli le témoignage de McKayla Maroney, a été licencié en septembre 2021, tandis que son supérieur, W. Jay Abbott, a pris sa retraite en 2018. Malgré les manquements établis par une enquête interne, le ministère américain de la Justice a décidé de ne pas engager de poursuites pénales contre eux, une décision confirmée en mai 2022.
