En France, le Mois sans tabac incite plus de 117 000 participants en 2025 à arrêter de fumer, soulignant que 30 jours sans tabac augmentent de cinq fois les chances de succès à long terme. Cette initiative repose sur deux éléments principaux : la conviction personnelle d’arrêter et l’accompagnement approprié, rapporte TopTribune.
Trouver en soi les ressources d’y parvenir
Selon la médecin-tabacologue Nathalie Lajzerowicz (Hôpital suburbain du Bouscat), « réussir à arrêter de fumer dépend d’abord du sentiment d’en être capable, quel que soit le niveau de motivation ». Cette confiance est essentielle et s’inscrit dans le cadre des « capabilités », un concept élaboré par l’économiste Amartya Sen.
La capabilité représente « la faculté effective qu’un individu a de faire des choix et de mener la vie souhaitée » en prenant en compte son environnement. Dans le contexte du tabac, cette approche permet d’accroître le pouvoir d’agir des fumeurs cherchant de l’aide malgré les obstacles tels que les difficultés économiques ou des idées fausses sur la dépendance.
Se libérer du tabac est un défi, notamment pour ceux ayant commencé jeunes. Jusqu’à 90 % des fumeurs adultes ont consommé des cigarettes durant leur adolescence. Des recherches menées par Lauren Reynolds (CNRS) sur des souris montrent qu’une exposition précoce à la nicotine entraîne une vulnérabilité à l’âge adulte, perturbant les circuits de la dopamine et prolongeant un état déséquilibré.
Se faire aider efficacement
– S’inscrire sur mois-sans-tabac.fr. Ce site offre des outils, conseils pratiques gratuits et accès à l’application d’e-coaching Tabac info service. Le numéro 39 89 (appel non surtaxé du lundi au samedi de 8 h à 20 h) permet d’obtenir une assistance gratuite d’un tabacologue.
– Bien gérer les substituts nicotiniques. Les substituts nicotiniques doivent être correctement dosés pour éviter le manque de nicotine. Le Pr Bertrand Dautzenberg (Institut Arthur Vernes) indique que la dépendance au tabac peut accroître la mortalité de 50 %, soulignant le besoin de soutien médical. Il recommande de maintenir une substitution nicotinique à 100 % dès le début du sevrage pendant 3 à 6 mois, afin de compenser la nicotine apportée par le tabac. Un fumeur consommant un paquet par jour nécessite généralement un patch de 21 mg, souvent associé à un substitut oral, avec des ajustements selon les symptômes de sous-dosage ou de surdosage.
À noter : D’autres méthodes en dehors des substituts nicotiniques incluent la varénicline, qui active partiellement les récepteurs cérébraux de la nicotine pour atténuer le manque tout en bloquant l’effet de la nicotine fumée. La cytisine a récemment reçu un avis favorable de la HAS, avec un remboursement fixé à 35 %, et devrait être disponible prochainement.
– Prendre en compte les particularités féminines. Gérard Peiffer (CHR Metz-Thionville) souligne que les femmes souffrent plus de troubles anxieux, et que les substituts nicotiniques sont souvent moins efficaces chez elles. La varénicline pourrait montrer une meilleure efficacité, bien que des nausées soient possibles au début du traitement. Les thérapies cognitivo-comportementales, la gestion du stress et une approche par les capabilités peuvent aussi répondre aux défis spécifiques aux femmes. De plus, l’appréhension de prendre du poids constitue un obstacle commun au sevrage, rendant crucial un soutien nutritionnel associé à une activité physique régulière pour atténuer le craving.
