
Instauré par la loi Pacte du 22 mai 2019, le Plan d’Épargne Retraite (PER) remplace progressivement des dispositifs antérieurs tels que le Perp, le Madelin et le Perco. Depuis le 1er octobre 2019, il existe sous trois formes : le PER individuel, le PER collectif et le PER obligatoire. Ces dispositifs partagent une base commune, mais leur fiscalité varie en fonction de la nature des contributions effectuées. À partir de 2026, de nouvelles mesures entreront également en vigueur, modifiant les avantages fiscaux précédemment accordés aux épargnants, rapporte TopTribune.
Fiscalité du PER : des règles uniformisées depuis 2019
Depuis l’adoption de la loi Pacte, tous les PER se structurent autour de trois compartiments distincts. Le premier est dédié aux versements volontaires, le deuxième inclut l’**épargne salariale**, tandis que le troisième se concentre sur les cotisations obligatoires. Cette organisation simplifie les transferts entre les différents dispositifs tout en protégeant les droits acquis des épargnants. Toutefois, chaque compartiment s’accompagne de règles fiscales spécifiques. Par conséquent, les sommes générées par l’intéressement ou la participation ne sont pas soumises au même régime fiscal que les versements personnels.
La gestion de la fiscalité du PER implique un choix crucial : déduire ou non les versements volontaires de son revenu imposable. En optant pour la déduction, l’épargnant bénéficie d’une réduction d’impôts durant sa carrière, mais sera taxé lors du retrait. À l’inverse, les versements non déduits sont exonérés d’impôts sur le capital lors de la sortie. Selon les informations fournies par Service Public, ce choix détermine en grande partie la fiscalité applicable au moment de la retraite.
Fiscalité du PER : quels bénéfices fiscaux en 2026 ?
L’atout majeur du PER demeure la possibilité de déduire les versements volontaires du revenu imposable. Pour les travailleurs salariés, le plafond s’établit généralement à 10 % des rémunérations de l’année précédente, dans certaines limites. En 2026, la déduction minimale de référence atteint 4 710 euros, selon les normes fiscales en vigueur. Par exemple, un versement déductible de 5 000 euros pourrait générer une économie d’impôts de 1 500 euros pour un contribuable imposé à 30 %, à condition de déduire l’intégralité du montant à ce taux.
Cependant, des modifications de la fiscalité du PER sont à prévoir en 2026. Depuis le 1er janvier, les versements réalisés après 70 ans ne sont plus admissibles à la déduction fiscale. De plus, les plafonds de déduction non utilisés peuvent désormais être reportés sur cinq ans pour les nouveaux droits concernés, prolongeant ainsi le délai précédent de trois ans. Ce changement apporte plus de flexibilité aux épargnants. Toutefois, l’intérêt de la déduction reste tributaire de la tranche marginale d’imposition et des prévisions de revenus lors de la retraite.
Comment se passent les impositions lors des retraits ?
Au moment de la retraite, le PER offre la possibilité de récupérer son épargne soit sous forme de capital, soit en rente viagère, ou encore par une combinaison des deux. Cependant, les fonds issus des cotisations obligatoires sont généralement distribués sous forme de rente. Lorsque les versements volontaires ont été déduits, le capital récupéré est soumis aux barèmes progressifs de l’impôt sur le revenu. Les gains, quant à eux, entrent dans le cadre de la fiscalité des placements. En 2026, le prélèvement forfaitaire unique s’élève à 31,4 %, comprenant une part de 12,8 % d’impôt et 18,6 % de prélèvements sociaux. À l’inverse, les versements non déduits exonèrent le capital initial d’impôts. Seuls les gains demeurent imposables.
La distribution en rente est assujettie à des règles distinctes. Les rentes provenant de versements déductibles sont imposées en tant que pensions de retraite, bénéficiant d’un abattement de 10 %, sous réserves des plafonds en vigueur. Une partie de la rente est également soumise aux prélèvements sociaux. De plus, certains événements, tels que l’invalidité, le surendettement ou l’achat de la résidence principale, permettent de débloquer le PER avant l’âge de la retraite. Les implications fiscales varient selon la cause du retrait et la nature des versements, rendant critique une planification fiscale adéquate avant de choisir entre déduction, capital et rente.
