Violences coordonnées à Barcelone : les artisans témoignent des dégâts
Des émeutes ont éclaté samedi soir à Barcelone, entraînant des violences importantes et le pillage d’une vingtaine de commerces. Près de trois jours après les événements, les réparations commencent, mais les questions demeurent sur l’origine et les motifs de ces violences. Les forces de l’ordre ont procédé à l’arrestation de 130 personnes, dont 74 mineurs, lors de cette nuit tumultueuse, rapporte TopTribune.
Les scènes de vandalisme observées dans la ville catalane rappellent celles vécues en France, notamment le 17 octobre. Cependant, cette fois-ci, aucune organisation politique ou syndicale n’a appelé à la manifestation, et les émeutiers, environ 500 jeunes masqués, n’ont exprimé aucun slogan. Silvia Catà, commissaire en chef de la police catalane, a précisé que « ce n’était pas une manifestation habituelle », soulignant la nature spontanée et dénuée de revendications de ces violences.
Appels à la violence via TikTok
Ce phénomène de violences dans la ville, bien que récurrent dans l’histoire récente de Barcelone, semble cette fois déconnecté des mouvements politiques précédemment impliqués. Des groupes ont récemment été écartés après avoir été liés aux émeutes, et les responsables des droits au logement, bien que présents dans l’espace public, ne se sont pas associés aux actes de violence. L’absence de revendications claires soulève la question de la manipulation derrière ces actions. En effet, Silvia Catà a indiqué que des délits étaient encouragés via les réseaux sociaux, un phénomène d’organisation rapide à travers des messages diffusés sur TikTok pour recruter des participants à des actes de vandalisme.
Des publications sur les réseaux sociaux reprenaient des codes visuels associés aux mouvements de droite en Espagne, et étaient notées pour être en espagnol, contredisant les habitudes linguistiques des mouvements sociaux catalans. Cela soulève des inquiétudes quant à des ingérences extérieures dans ces violences, l’expert des réseaux sociaux Marcelino Madrigal évoquant des motivations possibles liées à des influences politiques ou géopolitiques.
Perspectives inquiétantes à l’approche de nouveaux rassemblements
Tandis que l’enquête se poursuit, l’identité des instigateurs des appels à la violence reste à déterminer. Des allégations indiquent que les services de renseignement espagnols ont remarqué des appels relayés par des comptes liés à la Russie, suscitant des spéculations sur d’éventuelles ingérences étrangères. Des experts mentionnent également d’éventuelles manipulations provenant d’autres pays, sans preuves concrètes à l’appui. Toutefois, la ministre des Migrations, Elma Saiz, a mis en avant l’importance de ne pas céder à la spéculation, tout en dénonçant la montée de la désinformation qui profite à des groupes d’extrême droite.
Les autorités espagnoles craignent que les événements de Barcelone ne soient le prélude à une vague de saccages dans d’autres villes. D’ores et déjà, Bilbao a été le théâtre de violences similaires, et le groupe « Blocus » appelle à de nouvelles actions, renforçant l’alerte dans une dizaine de villes à l’approche de la Toussaint. Les autorités restent vigilantes face à un potentiel retour des troubles urbains, alors que la situation continue d’évoluer.
