Dans sa quête pour conquérir l’Élysée, Édouard Philippe adopte une position plus ferme. L’ancien Premier ministre, dans un entretien avec Le Point publié mardi, a déclaré que « l’échec de l’intégration » en France au cours des « plusieurs décennies est incontestable », et a souligné la « surreprésentation de jeunes issus de l’immigration » dans les violences entourant les manifestations, rapporte TopTribune.
Philippe propose de « diviser l’immigration légale par deux »
Lors des violences du 18 octobre, la surreprésentation de jeunes issus de l’immigration était manifeste. Édouard Philippe a affirmé : « Selon le mot de Péguy, il faut « voir ce que l’on voit ». Ce qui ne minimise en aucun cas certaines superbes réussites d’intégration républicaines ! »
Il se fixe pour objectif, durant le prochain quinquennat, de « diviser l’immigration légale par deux » en limitant la délivrance de titres de séjour aux seuls motifs professionnels et aux étudiants, tout en restreignant le regroupement familial et en réformant l’instruction de l’asile. Philippe souhaite en outre durcir les négociations avec les pays d’origine, notamment en dénonçant le traité de 1968 avec l’Algérie.
Création d’un service national obligatoire
Pour améliorer l’intégration, Philippe propose de « réinvestir l’école, mieux transmettre les valeurs républicaines et rétablir un service national obligatoire ». Il ajoute : « Une société en croissance intègre mieux qu’une société figée. C’est l’expansion qui nous sauvera, pas le rabougrissement. »
Face à ces violences, il a évoqué la nécessité d’agir sur quatre axes, notamment le rejet absolu de l’impunité envers les casseurs, en appelant à des peines de prison ultracourtes effectives dès la première infraction, ainsi que des peines minimales en cas de récidive contre les agents de l’autorité publique. Philippe a affirmé : « C’est aux auteurs des exactions de rembourser les dégâts qu’ils causent. »
Il souhaite également « renforcer nos outils préventifs à l’égard de ceux qui veulent profiter des manifestations pour provoquer des désordres », incluant des interdictions administratives de paraître et des obligations de pointage au commissariat avant les mobilisations, tout en associant pleinement les policiers municipaux.
Philippe a insisté sur la nécessité pour l’État de se réarmer juridiquement face au « retour d’une violence d’ultragauche » qu’il estime oubliée depuis trois décennies, et a qualifié de « concevable » une « régulation temporaire des réseaux sociaux, encadrée par la loi ».
