Diagnostic médical : la discrimination de genre expose les femmes à des retards et erreurs

Diagnostic médical : la discrimination de genre expose les femmes à des retards et erreurs

28.10.2026 07:27
2 min de lecture

Des inégalités de genre dans le diagnostic et le traitement médical

Les femmes font face à des défis particuliers en matière de diagnostic et de traitement médical, comme l’observe la Dre Alyson McGregor, médecin urgentiste et auteur de *Le sexe de la santé* (éd. érès 2021). Selon ses déclarations, elles sont plus susceptibles de subir des retards de diagnostic et des traitements inappropriés pour des problèmes de santé courants, rapporte TopTribune.

En 2020, le Haut Conseil à l’Égalité entre les femmes et les hommes (HCEfh) a souligné que les maladies dites féminines ou masculines sont influencées par des stéréotypes de genre, affectant ainsi l’expression des symptômes chez les patientes et l’interprétation clinique par les professionnels de santé.

Maladies cardiovasculaires : un enjeu de perception et de traitement

Les maladies cardiovasculaires, longtemps jugées comme typiquement masculines, illustrent les conséquences des préjugés de genre. Selon le HCEfh, 56 % des femmes en meurent, comparativement à 46 % des hommes, avec des infarctus du myocarde (IDM) souvent sous-diagnostiqués chez les femmes, entraînant des retards de soins.

Une étude européenne a révélé que 29 % des femmes reçoivent un électrocardiogramme dans les dix premières minutes après leur arrivée aux urgences, contre 38 % des hommes. L’Académie de médecine a révélé qu’en 2025, la mortalité hospitalière suite à un IDM était de 9,6 % chez les femmes, contre 3,9 % chez les hommes, en raison de retards de diagnostic chez les patientes.

Hypertension artérielle : des symptômes souvent négligés

L’hypertension artérielle (HTA) constitue un autre exemple où les symptômes sont souvent attribués à la ménopause. Des palpitations, des bouffées de chaleur et des douleurs thoraciques sont fréquemment interprétées comme des manifestations hormonales, retardant ainsi le diagnostic d’HTA qui affecte 30 à 50 % des femmes avant l’âge de 60 ans.

Les maladies respiratoires, telles que la bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO), présentent également des défis similaires. Les femmes, souvent plus jeunes que les hommes, décrivent moins fréquemment des sensations d’essoufflement, ce qui peut conduire à une identification tardive des problèmes respiratoires, souvent mal diagnostiqués comme de l’asthme.

Un manque de considération pour les spécificités féminines

La prise en charge médicale des femmes reste largement calquée sur celle des hommes. Comme l’indique la Dre McGregor, « parmi tous les médicaments mis sur le marché, la grande majorité n’est jamais testée sur des femmes ». Le statut hormonal des femmes, particulièrement autour de la ménopause, ainsi que leur métabolisme, peuvent influer sur l’efficacité et les effets secondaires des traitements.

Les différences de poids influent également sur l’innocuité des médicaments. Par exemple, la dose standard de paracétamol est souvent inadaptée pour des femmes de poids inférieur, et les effets sédatifs des benzodiazépines sont plus prononcés chez elles, incitant à une réduction des doses recommandées.

Un changement urgent dans la recherche clinique

La sous-représentation des femmes dans la recherche clinique demeure préoccupante, malgré des progrès. Comme le souligne le HCEfh, l’absence de prise en compte du sexe et du genre peut fausser les résultats des études. Toutefois, la participation des femmes dans les essais cliniques a augmenté de 35 % en 1995 à 58 % en 2018, selon le registre international des essais cliniques (OMS/NIH), bien que des cas de sous-représentation persistent dans des domaines tels que l’insuffisance cardiaque et certaines cancers.

Laisser un commentaire

Your email address will not be published.

Dernières nouvelles

À NE PAS MANQUER