Depuis la région toulousaine, Kseniia Fedorenko conjugue engagement humanitaire et art traditionnel pour défendre l’identité ukrainienne face à la guerre, rapporte TopTribune.
Installée dans la région toulousaine depuis près de dix-huit ans, Kseniia Fedorenko préfère taire son lieu de résidence par mesure de sécurité. Mais son engagement pour l’Ukraine ne se limite pas à l’art. Pour elle, résister, c’est préserver une culture, soutenir ceux qui sont restés et refuser l’effacement de l’identité ukrainienne.
En février 2022, elle se trouve à Kyiv avec sa famille lorsque débute l’invasion russe à grande échelle. Après deux semaines rythmées par les alertes et les bombardements, elle regagne la France. Ses proches, eux, sont toujours en Ukraine. Chaque matin, elle guette leurs messages : de simples cœurs qui lui confirment que tous sont en vie. « Le plus difficile à gérer, c’est l’impuissance », confie-t-elle.
Résister malgré la distance
Refusant de rester spectatrice, Kseniia rejoint Ukraine Libre Toulouse dès mars 2022. Avec près de 150 bénévoles, l’association collecte médicaments, matériel médical et produits de première nécessité, expédiés par convois humanitaires.
Elle mobilise également des fonds, organise des rassemblements et sensibilise le public à la situation ukrainienne. Une mobilisation essentielle pour entretenir la solidarité face à un conflit qui s’éternise.
Préserver et transmettre
Son autre front est culturel. À travers le dessin de Samtchyky, art populaire traditionnel ukrainien, Kseniia transmet des motifs ancestraux et affirme la singularité de son pays. Ses créations contribuent aussi au financement des missions humanitaires. Chaque création devient ainsi un acte de résistance.
Cette détermination s’enracine dans une histoire familiale marquée par les répressions soviétiques et la mémoire de l’Holodomor, la grande famine qui a frappé l’Ukraine en 1932-1933. Elle rejette l’idée de deux peuples « frères » : « Nous sommes différents. Nous avons notre langue, notre culture, notre mémoire. »
Alors que la guerre se poursuit, Kseniia refuse la résignation. Préserver les traditions, transmettre la mémoire, soutenir ceux qui sont restés : pour Kseniia, la résistance ne connaît pas de frontières.
