Smartphones : les livraisons mondiales enregistrent une baisse de 20 % au troisième trimestre 2026.

Smartphones : les livraisons mondiales enregistrent une baisse de 20 % au troisième trimestre 2026.

16.10.2026 10:36
4 min de lecture
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Vous envisagez de vous procurer un smartphone coûtant moins de 200 euros ? Vous devrez chercher ailleurs, car ces modèles sont devenus rares dans les magasins. Au troisième trimestre de 2026, le marché mondial des smartphones a enregistré sa plus forte contraction depuis 2012, avec une diminution de 20 % des livraisons, selon Counterpoint Research. Cette situation est principalement due à une pénurie de mémoire DRAM et NAND, provoquant des bouleversements significatifs dans l’industrie. Voici un aperçu détaillé de cette crise qui transforme le paysage technologique mondial, rapporte TopTribune.

Les origines de la crise : trois raisons principales

La mémoire : l’IA surpasse les smartphones

Depuis la fin de l’année 2025, les principaux fabricants de puces mémoire ont modifié leurs stratégies. En effet, Samsung, SK Hynix et Micron, qui contrôlent 95 % du marché mondial de la DRAM, ont réorienté leurs priorités vers des centres de données dédiés à l’intelligence artificielle. Cette manœuvre résulte d’une rentabilité nettement supérieure ; une puce HBM3 destinée aux serveurs d’IA peut rapporter trois à quatre fois plus qu’une puce LPDDR5 utilisée pour les smartphones. Les géants du secteur, tels que Microsoft, Google et Amazon, ont intensifié leurs commandes pour soutenir leurs infrastructures ChatGPT, Gemini et Alexa. Ce changement dans les chaînes de production a laissé le secteur mobile dans une situation précaire.

Une hausse des prix de 300 % pour la DRAM et la NAND

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. D’après IDC, les prix de la mémoire DRAM et NAND ont connu une augmentation de plus de 300 % en une seule année. En octobre 2025, un module de 8 Go de LPDDR5 coûtait 12 dollars, tandis qu’il s’élevait à 38 dollars un an plus tard. De même, le coût d’un module de stockage NAND de 256 Go est passé de 15 à 48 dollars. Arthur Guo, analyste chez IDC, souligne que cette augmentation des coûts est répercutée sur les consommateurs, entraînant une inflation qui affecte particulièrement les fabricants aux marges réduites.

Effets : une baisse de 20 % des livraisons mondiales

Le troisième trimestre de 2026 marque un tournant décisif. Selon Counterpoint Research, les livraisons mondiales ne s’élèvent qu’à 280 millions d’unités, contre 350 millions l’année précédente. « C’est le deuxième trimestre consécutif à subir l’impact de la crise de la mémoire », observe Shilpi Jain, analyste chez Counterpoint Research. Tous les segments du marché sont touchés, mais le secteur d’entrée de gamme a été le plus impacté ; les ventes de téléphones coûtant moins de 100 dollars ont chuté de 60 % au cours du deuxième trimestre 2026, selon IDC. Les consommateurs choisissent de conserver leurs dispositifs plus longtemps ou se dirigent vers le marché du reconditionné.

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Apple et Samsung : les raisons de leur résilience

Dans un marché en déclin, deux acteurs majeurs parviennent à se démarquer. Apple a atteint 22 % de parts de marché au troisième trimestre 2026, contre 18 % l’année précédente, franchissant pour la première fois la barre des 20 % durant cette période normalement faible pour l’iPhone. Samsung conserve sa position de leader mondial avec 23 % de parts, en hausse par rapport à 19 % auparavant. Leur succès repose sur leur capacité à s’approvisionner. Apple bénéficie de contrats pluriannuels avec ses fournisseurs, acquérant ainsi un accès prioritaire. De son côté, Samsung, étant un fabricant intégré, produit sa propre mémoire et gère ses approvisionnements en interne. Les ventes d’iPhone ont enregistré une croissance de 21,7 % par rapport à l’année précédente, passant de 44,58 à 54,25 milliards de dollars au cours du troisième trimestre 2026.

Xiaomi, Oppo et Vivo en difficulté

À l’opposé, les fabricants chinois rencontrent d’importants défis. Xiaomi a vu ses livraisons diminuer de plus de 30 %, sa part de marché s’élevant de 14 % à 10 %. Oppo et Vivo ont connu une baisse de plus de 20 %, avec respectivement 9 % et 8 % de parts de marché. Ce déclin est attribuable à leur modèle économique basé sur des volumes élevés et des marges faibles, pénalisé par la hausse des prix des composants, rendant la production peu rentable. Incapables d’absorber entièrement ces coûts, ils se voient contraints de diminuer volontairement leurs volumes ou de se retirer de certains marchés. En Inde et en Afrique, les offres d’entrée de gamme deviennent de plus en plus rares.

Conséquence pour les consommateurs : une inflation de 20 % depuis janvier 2026

La hausse des prix est inévitable pour les consommateurs. Les prix des smartphones ont augmenté de 20 % depuis janvier 2026. IDC prévoit un prix de vente moyen de 581 dollars en 2026, ce qui représente une augmentation de 27,6 % par rapport à 2025. Francisco Jeronimo, vice-président chez IDC, affirme que « l’époque des smartphones bon marché est révolue ». Un Redmi Note, vendu 149 euros en décembre 2025, coûte désormais 189 euros en octobre 2026. Les Galaxy A de Samsung ont, quant à eux, connu une hausse de 30 à 50 euros selon les modèles. Seule Apple parvient à maintenir ses tarifs, absorbant partiellement l’augmentation grâce à ses marges conséquentes. Les ventes d’iPhone n’ont jamais été aussi élevées malgré la crise générale.

Perspectives jusqu’en 2028

Prévisions d’IDC et défis futurs

Aucune amélioration rapide n’est en vue. D’après IDC, l’approvisionnement en mémoire ne sera pas stabilisé avant 2028. Pourquoi cette longue période d’attente ? La construction de nouvelles usines nécessite entre 18 et 24 mois. SK Hynix et Micron ont annoncé des investissements de 15 et 12 milliards de dollars respectivement pour accroître leurs capacités, mais les premières lignes de production ne commenceront qu’au second semestre 2027. D’ici là, le marché devrait subir une contraction annuelle de 16,7 % en 2026. Les analystes prévoient une concentration accrue, ne laissant que trois ou quatre grands acteurs d’ici 2028, contre une dizaine actuellement. Pour les consommateurs, la normalisation des prix interviendra progressivement entre 2028 et 2029, sans retour aux niveaux de 2025.

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