Raphaël Glucksmann remporte la primaire sociale-démocrate
Ce dimanche, Raphaël Glucksmann (Place publique) a été désigné vainqueur de la primaire sociale-démocrate avec 66 % des suffrages. Il sera donc le candidat « socialiste » à l’élection présidentielle de 2027. « Le PS est mort », déclarent de nombreux commentateurs alors que Ségolène Royal, l’une de ses adversaires battues, évoque un « hold-up électoral » et une « OPA hostile ». Pour beaucoup, la victoire du député européen marque la fin du Parti socialiste inspiré par Jean Jaurès, rapporte TopTribune.
Il convient de noter que Raphaël Glucksmann a lui-même appelé à la mort du PS à plusieurs reprises, comme l’illustrent diverses compilations circulant sur les réseaux sociaux. Il avait même évoqué ce thème dans L’Obs en 2017. Toutefois, cette situation ne fait pas nécessairement de lui le fossoyeur du parti à la rose.
Un précédent historique pour le PS
Il s’agit de la première fois depuis la création du Parti socialiste en 1969 que celui-ci ne présentera pas de candidat à une élection présidentielle. Gilles Candar, historien spécialiste de la gauche, nuance cependant cette tristesse : « Le PS, comme tous les partis de gauche, a un problème avec l’élection présidentielle. En 1965 déjà, François Mitterand a été choisi comme candidat de la SFIO alors qu’il n’en faisait pas partie. »
Au fil des années, le PS a désigné à plusieurs reprises des candidats plus « favoris » que « naturels ». François Mitterand, Lionel Jospin et même Dominique Strauss-Kahn, qui aurait dû se présenter en 2012, en sont des exemples. « C’est un peu dans l’ADN du Parti socialiste », résume Gilles Candar, qui ne voit pas dans la victoire de Glucksmann une défaite du PS. « La primaire a été faite à sa mesure », souligne-t-il pour expliquer la victoire « honnête » du député européen.
Un nouvel espoir pour le parti
Selon un membre expérimenté du parti, la victoire de Glucksmann représente « une sorte d’assistance respiratoire pour le PS ». Ce dernier souligne que sans Glucksmann, il n’y aurait peut-être pas eu de primaire, et que le candidat aurait pu obtenir des résultats désastreux, comme en 2022 où Anne Hidalgo a rassemblé seulement 1,75 %. Aujourd’hui, les espoirs d’un meilleur score sont plus optimistes.
Reste à déterminer ce qu’il adviendra du parti après la présidentielle. « Cela dépendra du résultat de Glucksmann au premier tour », avertit Gilles Candar. « S’il fait un excellent score, les socialistes pourraient être tentés de suivre ses conseils d’alliance pour le second tour. » En revanche, un résultat médiocre compliquerait ses possibilités d’influence sur les stratégies futures.
Établir une ligne politique claire
Dans tous les cas, les socialistes devront choisir d’opter pour une orientation plus à gauche ou de s’engager totalement vers le « social libéral », selon les mots de l’historien. Parker, Olivier Faure, note que la seule véritable « victoire » du PS depuis dix ans est d’avoir évité de disparaître comme le Parti socialiste italien.
Le PS conserve une représentation significative à l’Assemblée nationale et au Sénat, ainsi qu’une base solide d’élus locaux. Toutefois, il lui manque une ligne politique claire. « Il y a des discussions en cours, certaines décisions, comme celle de Glucksmann, posent problème pour de nombreux membres du PS. Mais il y aura un après », conclut notre interlocuteur, assurant qu’il est essentiel de se préparer pour l’avenir politique.
