Une nouvelle catastrophe a frappé le Népal, avec un torrent de boue atteignant la vallée de la Budhi Gandaki le 11 octobre, entraînant cinq disparitions et des dégâts matériels importants, dont la destruction de plusieurs dizaines de maisons et de quatre ponts. Ce tragique événement survient six semaines après qu’une inondation similaire ait causé la mort de 1 403 personnes et plus de 5 000 disparues dans la vallée de la Trishuli, démontrant une augmentation alarmante de tels phénomènes dans l’Himalaya, exacerbée par le réchauffement climatique, rapporte TopTribune.
Le réchauffement climatique, facteur aggravant
Les inondations ne sont pas un phénomène nouveau, mais leur fréquence s’accélère sous l’influence du réchauffement climatique. Les recherches du programme GLOMOS montrent une multiplication par cinq de ces catastrophes entre 1950 et 2024, passant de 7 à 34 par décennie dans les régions de l’Hindou Kouch et de l’Himalaya (HKH).
Des lacs glaciaires à haut risque
La fonte des glaciers forme et agrandit des lacs en altitude, désormais retenus par des barrages naturels de glace et de débris rocheux. Lorsque le volume d’eau engendré par ces glaciers dépasse la capacité de ces barrages, une vidange brutale se produit, provoquant des glissements d’eau, de glace et de débris, causant des destructions massives. Ce phénomène est connu sous le nom de GLOF (Glacial Lake Outburst Flood).
Des sols instables avec la fonte du permafrost
En outre, la fonte du permafrost aggrave la situation. Ce type de sol, maintenu stable par la glace permanente, devient instable avec le réchauffement climatique. Il est estimé que 30 à 90 % du permafrost devrait disparaître d’ici 2100, augmentant davantage l’instabilité des terrains.
Lorsque des pans de montagne s’effondrent au-dessus de lacs glaciaires, cela peut provoquer des GLOF particulièrement dévastateurs. Ce fut le cas lors de la catastrophe du 26 août, qui s’est produite non pas à cause de l’accumulation d’eau dans un lac, mais suite à l’effondrement d’un massif entier.
La région Hindou Kouch-Himalaya, la plus exposée au monde ?
La région de l’Hindou Kouch et de l’Himalaya abrite certains des plus hauts sommets du monde, y compris l’Everest, et constitue la plus grande réserve de glace et de neige après les pôles. La fonte potentielle de cette réserve pourrait dévaster les vallées où se concentre l’activité économique.
Parallèlement, l’assèchement des sources d’eau pousse les habitants à s’installer dans ces vallées, selon le climatologue népalais Dipesh Chapagain, ce qui expose davantage la population aux risques de vagues d’eau.
