Vapotage : premières alertes sur les effets à long terme du vapotage en France

Vapotage : premières alertes sur les effets à long terme du vapotage en France

08.10.2026 17:06
2 min de lecture

Le vapotage : un risque prolongé même après l’arrêt du tabac

Le vapotage contenant de la nicotine est souvent maintenu bien après l’arrêt du tabac, une situation que le Dr Ivan Berlin, tabacologue à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris, qualifie d’inquiétante. Il souligne que « l’addiction à la nicotine peut expliquer l’utilisation prolongée de produits contenant de la nicotine, qu’ils soient pharmaceutiques ou non, d’autant plus lorsque la dépendance s’est installée très jeune. Même après l’arrêt du tabac, le besoin de nicotine peut persister du fait de modifications durables du circuit cérébral de la récompense. La dépendance est installée et le produit utilisé en remplacement du tabac peut la prolonger », rapporte TopTribune.

Les mécanismes d’addiction sont exacerbés par la rapidité avec laquelle la nicotine atteint le cerveau. Plus cette vitesse est élevée, plus l’effet est immédiat, renforçant ainsi les associations entre la prise de nicotine et certaines situations. Cette vitesse de délivrance varie entre les différents dispositifs de vapotage.

Le Dr Berlin a indiqué lors du 20e Congrès de la Société Francophone de Tabacologie que « les patchs diffusent la nicotine lentement et entraînent peu de prises répétées. À l’inverse, les formes à délivrance plus rapide, comme les gommes ou le vapotage, peuvent davantage renforcer les mécanismes de dépendance et favoriser un usage prolongé ».

Les effets à long terme du vapotage : une étude préoccupante

Le manque de recul scientifique sur les conséquences du vapotage prolongé rend difficile une évaluation précise de ses effets. Cependant, en juin 2026, une étude parue dans Nature Medicine a mis en lumière un potentiel risque accru de cancer du poumon chez les vapoteurs ayant cessé de fumer. Les résultats suggèrent que le vapotage après l’arrêt du tabac pourrait réduire les bénéfices associés au sevrage tabagique en matière de prévention du cancer du poumon.

Dans cette étude, les participants ayant arrêté de fumer mais continuant de vapoter présentent un risque de cancer du poumon environ 50 % plus élevé que les non-vapoteurs. Le Dr Berlin a commenté que « cette étude apporte un élément nouveau car elle est la première à avoir suivi pendant environ six ans les conséquences du vapotage après l’arrêt du tabac, à partir de données recueillies en Corée du Sud ». Ainsi, bien que le remplacement des cigarettes par la e-cigarette diminue les risques associés au tabagisme, les bénéfices ne sont pas comparables à ceux d’un sevrage complet, sans inhalation de nicotine.

Analyse des aérosols des e-cigarettes

Les aérosols des e-cigarettes sont des mélanges complexes dont la toxicité dépend de leur composition ainsi que de leur dépôt dans les voies respiratoires. Clément Mercier, ingénieur de recherche à Mines Saint-Étienne, a mené des recherches sur les effets de différents e-liquides sur les cellules des voies respiratoires. Son étude a particulièrement examiné la présence et la forme de la nicotine ainsi que les proportions de propylène glycol et de glycérine végétale (PG/VG).

Le chercheur a constaté que « notre étude montre que la toxicité aiguë des aérosols de cigarette électronique est principalement liée à la nicotine, mais qu’elle dépend aussi de sa forme chimique, du ratio PG/VG et de la région des voies aériennes considérée ». Il a également noté que la nicotine sous forme classique endommage davantage les cellules respiratoires par rapport au sel de nicotine, qui provoque des réactions inflammatoires plus modérées.

En outre, les liquides contenant des niveaux élevés de propylène glycol semblent plus nocifs, notamment pour les petites voies respiratoires en profondeur dans les poumons, tandis que les cellules du pharynx montrent une sensibilité limitée dans les mêmes conditions. Une augmentation de l’inflammation, marquée par l’interleukine 8, a été observée, bien que limitée, lors d’une exposition aux concentrations les plus élevées.

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