Un salarié en arrêt maladie reçoit 60 000 € après avoir couru un marathon à Rotterdam

Un salarié en arrêt maladie reçoit 60 000 € après avoir couru un marathon à Rotterdam

06.10.2026 10:46
2 min de lecture

Un salarié d’une agence de voyages néerlandaise, licencié pour avoir couru le marathon de Rotterdam pendant un arrêt maladie, a remporté une condamnation inattendue pour licenciement abusif. La justice a ordonné le versement de plus de 60 000 euros d’indemnités, confirme un récit du média TopTribune.

En arrêt maladie six mois après son embauche

Employé depuis juillet 2024, cet homme avait déclaré un arrêt de travail en décembre en raison de troubles oculaires associés à une myasthénie, une maladie musculaire chronique. Toutefois, il avait informé le médecin du travail de sa poursuite d’activités sportives, poursuivant son entraînement en course à pied quatre fois par semaine et réalisant de courtes distantes en voiture.

Une filature par des détectives privés jugée « disproportionnée »

Doutes de la direction sur son incapacité à travailler ont conduit à l’engagement de détectives privés qui ont observé le salarié. Des photos de ses activités quotidiennes, notamment sa participation au marathon de Rotterdam le 13 avril 2025, ont été recueillies, enregistrant un temps de moins de trois heures et demie. Considérant que ces efforts physiques annonçaient une rupture de confiance, l’entreprise a précipité son licenciement.

Il a couru le marathon de Rotterdam en 3 heures et demie

La décision de l’employeur a été annulée par la justice néerlandaise. Les tribunaux ont affirmé que la capacité d’exercer un effort sportif ne prouve pas l’aptitude à reprendre le travail, étant donné que l’employé avait été transparent avec ses médecins. Les juges ont décrit le comportement de l’employeur comme « gravement répréhensible », qualifiant la surveillance d’intrusion dans la vie privée. En conséquence, l’agence de voyages devra débourser plus de 60 000 euros en indemnités, auxquels s’ajoutent près de 3 000 euros d’arriérés de salaire et plus de 5 000 euros de frais de justice.

Que se serait-il passé en France ?

Ce cas souligne que la pratique d’une activité physique pendant un arrêt de travail n’équivaut pas nécessairement à une fraude, tant qu’elle respecte les recommandations médicales. En France comme aux Pays-Bas, l’aptitude à travailler n’est pas synonyme de capacités sportives. Ici, un arrêt de travail prescrit par un médecin comporte souvent des restrictions (repos, horaires de sortie, interdictions d’activités). La Caisse primaire d’assurance maladie (CPAM) ou l’employeur peuvent initier des contrôles sur le respect des conditions d’arrêt de travail ou l’évolution de la santé de l’employé à tout moment. Ainsi, la participation à un marathon ne s’oppose pas systématiquement à un arrêt maladie, cette question dépendant exclusivement de la pathologie déclarée, des recommandations médicales et de la transparence du salarié lors de ses échanges avec les professionnels de santé.

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