Licencié. C’est la décision prise par la société espagnole Metrickal à l’encontre de l’un de ses employés, identifié grâce à un logiciel de suivi d’activité. Les analyses générées par cet outil ont révélé que cet employé, en télétravail intégral et déjà surveillé pour ses performances en faillite, passait plus de la moitié de sa journée à des activités sans lien avec ses fonctions. , rapporte TopTribune.
Metrickal, une entreprise barcelonaise spécialisée dans le recrutement à distance, avait déployé le logiciel DeskTime dans un but entièrement différent. Son cofondateur et directeur commercial, Patrick Synge, avait l’intention de tester la semaine de travail de quatre jours sans compromettre la productivité. Pour évaluer l’utilisation réelle du temps de travail de son équipe composée de dix employés à temps complet, il avait demandé à chacun d’installer cet outil, capable d’enregistrer les applications utilisées et même de prendre des captures d’écran.
Dans le cadre de l’analyse des rapports, Synge a remarqué qu’un nom d’une entreprise américaine apparaissait de manière préoccupante dans les données d’un salarié basé au Pérou, où il était employé par Metrickal depuis 2022. Une simple capture d’écran a suffi à confirmer ses doutes : l’individu travaillait en effet pour cette autre société en parallèle.
Dans une récente interview accordée à Business Insider, publiée en juin 2024, le dirigeant a partagé : « Il a probablement oublié que le logiciel fonctionnait en arrière-plan. J’avais des soupçons, mais sans preuve, je n’étais pas prêt à agir légèrement. »
Des signes avant-coureurs du non-respect des engagements
Toutefois, cet employé, qui bénéficiait d’une bonne réputation pour sa diligence, avait déjà commencé à montrer des signes de relâchement bien avant l’installation de DeskTime : retards dans les livrables, clients mécontents, réunions manquées. Malgré plusieurs entretiens individuels et une observation prolongée, aucune amélioration n’avait été constatée. Ce n’est qu’en examinant minutieusement les données fournies par le logiciel pendant plusieurs semaines que Metrickal a confirmé que cet homme cumulait deux emplois à plein temps.
Le licenciement a été prononcé sans délai. Selon Synge, c’est à la fois le cumul d’emplois non déclaré et les répercussions sur ses collègues qui ont motivé cette décision. « Ses retards ont impacté l’ensemble de l’équipe. Ce n’était ni juste, ni respectueux », a justifié le dirigeant.
Il souligne également ne pas croire qu’ une personne puisse efficacement gérer deux postes en même temps, même avec l’aide de l’intelligence artificielle ou d’autres outils.
Cette situation prend une tournure presque ironique si l’on considère que Patrick Synge se présente régulièrement sur les plateformes sociales comme un défenseur du side hustle, c’est-à-dire des emplois secondaires visant à améliorer le revenu, au point d’en faire un argument pour recruter ses propres talents.
Néanmoins, dans ce cas précis, il n’avait jamais pensé que Metrickal pourrait être perçu par son employé comme un second emploi. Dans son entretien avec Business Insider, il a précisé : « Cela ne me gêne pas que les gens aient des activités secondaires pour générer un revenu supplémentaire. Toutefois, cela doit se faire pendant leur temps libre et ne doit pas nuire à la qualité de leur travail principal. »
Le cas de Metrickal reflète une tendance plus large en Espagne. D’après une enquête d’Infojobs, 15 % des professionnels espagnols pourraient occuper au moins deux postes simultanément. Pour 40 % d’entre eux, ce cumul est une réponse à des revenus jugés trop faibles ; tandis que 32 % cherchent simplement un complément financier.
Le jour suivant son licenciement, le profil LinkedIn de l’ancien employé affichait déjà son nouveau poste : un emploi à temps plein chez l’entreprise américaine pour laquelle il travaillait secrètement.
