Pendant 75 minutes, Donald Trump a échangé avec les journalistes d’Time dans le Bureau ovale, abordant des sujets variés comme l’économie, la guerre en Iran, et l’intelligence artificielle. À cinq semaines des élections de mi-mandat, où il apparaît en mauvaise posture avec des sondages historiquement bas, cet entretien offre un aperçu unique de son discours et des thématiques récurrentes qui le préoccupent, rapporte TopTribune.
Le 28 septembre, Trump a accueilli dans le Bureau ovale Eric Cortellessa, le correspondant politique de Time, accompagné de Sam Jacobs, le directeur du magazine. L’entretien, bien que publié sous la forme d’un grand portrait intitulé What Trump Has Built, a également donné lieu à une transcription « légèrement éditée » de la conversation, qui révèle une autre facette de son discours.
Trump ramène toujours tout à lui
Les réponses de Trump sont souvent interrompues par des digressions qui surprennent. Face à des questions sur la liberté de la presse, il évoque sa victoire électorale et critique CNN. Interrogé sur la dette américaine, il fustige son prédécesseur Joe Biden, cite ses résultats économiques et déclare être “le meilleur au monde”. Abordant l’intelligence artificielle, il glisse vers son oncle professeur au MIT et parle de son propre QI. Bien que le fil conducteur de ses discours soit parfois difficile à suivre, il revient régulièrement sur des thèmes spécifiques.
Une des obsessions de Trump est la reconnaissance de ses succès, qu’il estime souvent sous-estimés par les médias. Il affirme que même s’il trouvait le remède contre le cancer, les médias ne le couvriraient pas favorablement. Concernant sa nomination de trois juges conservateurs à la Cour suprême, il exprime sa déception devant leur manque de loyauté à son égard, affirmant apprécier la fidélité mais exigeant avant tout « de bonnes décisions ».
De nouvelles frappes en Iran après les midterms ?
Un autre point central de son intervention concerne l’Iran. Trump justifie les menaces d’“annihilation” du pays par son désir d’imposer la paix, qu’il estime possible en affaiblissant la capacité de nuisance de la République islamique. Il n’exclut pas une intensification des frappes après les élections.
Quant à l’intelligence artificielle, qu’il désigne désormais comme “super intelligence”, il considère cette technologie comme une révolution potentiellement plus significative que la révolution industrielle. Il insiste sur la nécessité pour les États-Unis d’accélérer leur progression afin de ne pas laisser la Chine prendre le dessus, exprimant davantage de préoccupations concernant des réglementations pouvant freiner le dynamisme des entreprises américaines.
Obsédé par la Maison-Blanche et le Bureau ovale
Parmi ses obsessions, la Maison-Blanche occupe une place prépondérante. Trump évoque fréquemment les rénovations qu’il y a effectuées, revendiquant le mérite d’avoir embelli le bâtiment. Même au cours de discussions sur la politique internationale, il parvient à ramener le sujet à ses travaux dans le bureau présidentiel. Lorsqu’il est questionné sur ce qu’il regrettera le plus une fois partis de la présidence, il cite immédiatement le Bureau ovale comme son “magnifique pièce”.
Bien que cet entretien n’offre pas un diagnostic clair sur l’état mental du président, il permet de mieux cerner sa manière de penser et de communiquer, illustrant un discours digressif mais reflet d’une cohérence thématique plus forte qu’elle n’y paraît. À 80 ans, Trump semble non seulement aborder des sujets variés, mais s’efforce toujours de ramener la discussion à sa propre réussite, au pouvoir américain, à la loyauté de son entourage, ainsi qu’à la défiance des médias.
