Le 15 juillet, une tortue caouanne a surpris les visiteurs de l’anse Tabarly à Toulon en pondant ses œufs sur la plage, un événement sans précédent sur le littoral toulonnais, rapporte TopTribune.
Ce matin-là, une équipe de sécurité a observé la tortue effectuer un parcours de quinze mètres depuis la mer jusqu’à un catamaran où elle a déposé ses œufs. Sidonie Catteau, co-déléguée générale de l’association Émergence, a décrit cette scène captivante. L’association a été alertée rapidement pour protéger le site de ponte et en analyser la configuration.
Mesures de protection des nids
Catteau a souligné que l’enceinte est soumise à une forte pression anthropique, exacerbée par les activités humaines, notamment nocturnes. « La pollution lumineuse est un enjeu majeur dans cette zone, a-t-elle déclaré. Il y a la route à proximité ainsi que des lampadaires autour du parking, qui perturbent les comportements naturels de la tortue. »
En collaboration avec la mairie et le yacht-club, l’association a mis en œuvre plusieurs mesures de protection. Des barrières ont été installées et des bâches occultantes ont été déployées. Un chemin vers la mer a également été tracé pour aider les nouveau-nés à rejoindre l’eau. La mairie a également pris des engagements pour éteindre certaines lampes afin de réduire les distractions lumineuses.
La tortue a pondu 69 œufs, dont 20 étaient non fécondés. Finalement, 80 % des œufs ont éclos, permettant à 33 tortillons de regagner la mer après une incubation de 51 jours. Pierre Pardigon, président du yacht-club, a salué le succès de cette initiative, qui offre une belle opportunité de sensibilisation à la protection de l’environnement.
Étude et avenir des tortues caouannes
L’association Émergence prévoit d’étudier la génétique des œufs pondus afin de mieux comprendre le comportement des tortues caouannes. « Nous avons observé une augmentation des adultes matures sexuellement en mer au cours de la dernière décennie, suivie de ponte sporadiques », a expliqué Sidonie Catteau. En 2023, neuf pontes ont été recensées sur les côtes méditerranéennes françaises, avec une quinzaine prévue pour 2024 et 2025. Cependant, en 2026, seulement huit tortues ont été signalées, constatant une tendance à la baisse similaire en Espagne et en Italie.
La possibilité d’un lien avec le réchauffement climatique est également envisagée. Catteau a déclaré : « Peut-être que cette population de femelles nidifiantes cherchera à explorer de nouveaux sites plus au nord pour échapper à des températures élevées. Pour l’instant, nous ne tirons pas de conclusions, nous attendons d’observer d’autres cas et de collecter plus de données. »
