Maroc : faible participation et émergence d'une femme en tête des législatives

Maroc : faible participation et émergence d’une femme en tête des législatives

24.09.2026 14:27
2 min de lecture

Nouveau leadership politique au Maroc suite aux législatives

Le Parti authenticité et modernité (PAM), membre de la coalition gouvernementale actuelle au Maroc, a dominé les élections législatives de mercredi, remportant 97 des 395 sièges de la Chambre des représentants, selon les résultats provisoires dévoilés par le ministre de l’Intérieur Abdelouafi Laftit. Ce scrutin, marqué par une faible participation, pourrait conduire à la première cheffe de gouvernement du pays, rapporte TopTribune.

Analyse des résultats

Le Rassemblement national des indépendants (RNI), dont provient l’actuel chef de gouvernement Aziz Akhannouch, se place en seconde position avec 66 sièges, enregistrant une perte de près de 30 sièges par rapport aux élections de 2021. Le Parti de l’Istiqlal, également membre de la coalition actuelle, obtient 65 sièges. En revanche, le Parti de la justice et du développement (PJD), sur une plateforme centrée sur la lutte contre la corruption, quadruple ses sièges, atteignant 54 contre 13 aux élections précédentes.

Un taux de participation alarmant

Le taux de participation a chuté à 38,08 %, le plus bas depuis deux décennies, exacerbant la défiance envers les dirigeants politiques et soulignant les préoccupations concernant le chômage et les inégalités. Ce scrutin est intervenu moins de deux mois après la crise migratoire à Ceuta, révélant un manque d’opportunités pour une partie de la jeunesse, alors même que le royaume affiche une croissance soutenue et se prépare pour le Mondial-2030, organisé en partenariat avec l’Espagne et le Portugal.

L’engagement financier pour cet événement sportif est contesté par une partie de la population, qui estime que ces investissements sont déconnectés des priorités socio-territoriales du pays, telles que les services publics fragiles et le chômage élevé. Lamia Elfehaim, chercheuse indépendante, souligne que ces préoccupations ont influencé les débats électoraux, malgré l’absence de référence directe à la crise migratoire dans les campagnes.

« Je ne vais pas voter car j’ai perdu toute confiance dans la classe politique », déclare Majda Bakatir, 59 ans. « Nous voulons que notre pays aille de l’avant, mais les politiques ne semblent pas se soucier de nos problèmes liés à la santé, l’éducation et le pouvoir d’achat », ajoute-t-elle. À l’opposé, Karim Ennaciri, 55 ans, estime que « ce processus électoral nous permettra de voir s’il y a un renouveau au sein des partis ».

L’avenir gouvernemental sous le PAM

Le PAM, en tête des législatives, sera responsable de la formation d’un gouvernement de coalition pour les cinq prochaines années, avec une nomination par le roi Mohammed VI. Fondé en 2008 par le conseiller royal Fouad Ali El Himma pour contrecarrer l’influence islamiste, le PAM est confronté à des accusations d’hégémonie politique, notamment après le Printemps arabe.

Durant sa campagne, le PAM a promis une croissance annuelle moyenne de 5 %, un maintien de l’inflation à 2 % pour préserver le pouvoir d’achat, et la création d’au moins un million d’emplois. Le parti a également attiré l’attention d’une figure reconnue, le ministre du Budget Fouzi Lekjaa, connu pour son rôle à la tête de la Fédération royale marocaine de football.

En l’absence d’un leader emblématique, Fatima Ezzahra Mansouri, actuelle ministre de l’Aménagement du territoire et maire de Marrakech, est pressentie pour devenir la première cheffe du gouvernement de l’histoire marocaine. Malgré son retrait de la direction du RNI, le chef de gouvernement sortant Aziz Akhannouch s’emploie à défendre son bilan, bien que son mandat ait été entaché par des accusations de conflits d’intérêts liés à sa société Afriquia, leader sur le marché des hydrocarbures au Maroc.

Laisser un commentaire

Your email address will not be published.

Dernières nouvelles

À NE PAS MANQUER