Des avancées prometteuses sur le diagnostic de l’endométriose
Une étude récente a révélé que le sang menstruel pourrait servir à identifier des biomarqueurs d’endométriose, une maladie touchant environ 10 % des femmes. Cette affection gynécologique se manifeste par la présence de tissu semblable à celui de l’utérus en dehors de celui-ci, provoquant douleurs pelviennes, complications au cours des rapports sexuels et potentiellement de l’infertilité, rapporte TopTribune.
Historiquement, le diagnostic d’endométriose nécessitait une intervention chirurgicale pour prélever les tissus concernés. Toutefois, l’utilisation de méthodes d’imagerie est désormais privilégiée, bien qu’elle présente des limitations en matière de détection des lésions de petite taille et le nombre d’experts dans ce domaine demeure restreint.
Le délai moyen avant d’obtenir un diagnostic précis est de sept ans, soulignant la nécessité de développer de nouvelles techniques de diagnostic qui soient rapides, fiables et non-invasives.
Dans ce contexte, une équipe dirigée par Camille Berthelot, chercheuse Inserm, et Axelle Brulport, également chercheuse Inserm, a étudié le sang menstruel afin d’évaluer son potentiel pour un diagnostic précoce de la maladie.
Une analyse des cellules du sang menstruel
Le sang menstruel est le résultat de la dégradation de l’endomètre, la muqueuse tapissant l’intérieur de l’utérus. Il contient non seulement des cellules sanguines mais aussi des cellules issues du tissu utérin, dont des cellules épithéliales et immunitaires.
Les chercheurs ont analysé des échantillons de sang menstruel provenant de 10 femmes utilisant des coupes menstruelles, dont certaines avaient reçu un diagnostic d’endométriose profonde, alors que d’autres agissaient comme témoins. L’analyse visait à établir des biomarqueurs potentiels de la maladie.
Les scientifiques ont isolé les noyaux des cellules du sang menstruel et analysé leur ARN afin d’identifier les différents types cellulaires et de détecter les cellules pathologiques. Des tests ont également été menés pour vérifier la possibilité d’une application clinique de ces résultats.
Des signaux robustes de fiabilité
Les résultats montrent qu’il existe des différences significatives entre les donneuses atteintes d’endométriose et les témoins, en particulier parmi les cellules épithéliales et stromales. Cinq biomarqueurs spécifiques à la maladie ont été identifiés dans le sang menstruel, comme le rapportent les travaux publiés dans la revue BMC Medicine.
Camille Berthelot a déclaré que bien que le sang menstruel présente une variabilité d’un échantillon à l’autre, l’identification de ces biomarqueurs robustes pourrait ouvrir la voie à des recherches plus approfondies pour confirmer ces résultats avec des échantillons plus importants.
Axelle Brulport a ajouté que le sang menstruel, étant facilement accessible, pourrait avoir un rôle clé dans le diagnostic de l’endométriose. Toutefois, des études complémentaires seront nécessaires pour évaluer la stabilité des biomarqueurs et leur applicabilité à différents types d’endométriose.