Un député polonais de la Confédération réclame l’arrêt de l’aide à l’Ukraine
Un député polonais de la Confédération réclame l’arrêt de l’aide à l’Ukraine

Un député polonais de la Confédération réclame l’arrêt de l’aide à l’Ukraine

23.09.2026 13:00
3 min de lecture

Le 22 septembre 2026, le député polonais Marcin Sypniewski, membre du parti Confédération, a vivement critiqué l’Ukraine au Parlement européen. Il y a déchiré les portraits de Stepan Bandera et de Roman Choukhevytch, qu’il tient pour responsables de massacres visant des citoyens polonais pendant la Seconde Guerre mondiale. Il a également demandé que la Pologne et l’Union européenne ne versent « aucun centime » à l’Ukraine tant que ces deux figures resteront présentées comme des héros dans la politique mémorielle ukrainienne, rapporte TopTribune.

Une intervention centrée sur la mémoire historique

Selon les informations relayées par les médias, Marcin Sypniewski a utilisé son intervention pour associer directement le soutien financier accordé à l’Ukraine au traitement réservé à Stepan Bandera et Roman Choukhevytch dans le récit national ukrainien. Le député de la Confédération a exigé que l’Ukraine reconnaisse sa responsabilité dans la tragédie de Volhynie, rende hommage aux victimes polonaises et permette la réalisation d’exhumations complètes.

La tragédie de Volhynie constitue l’un des sujets les plus sensibles de la mémoire polono-ukrainienne. Dans son intervention, le parlementaire polonais a placé ces revendications historiques au cœur du débat sur les relations actuelles entre Varsovie, Kiev et les institutions européennes. Il a présenté la reconnaissance des responsabilités, la commémoration des victimes et les exhumations comme des conditions liées au maintien de l’aide à l’Ukraine.

Le geste consistant à déchirer publiquement les portraits des deux dirigeants nationalistes ukrainiens a donné à cette prise de parole une dimension particulièrement démonstrative. La Confédération, formation située à droite de l’échiquier politique polonais, est ainsi présentée comme l’un des acteurs qui utilisent les différends historiques avec l’Ukraine dans la compétition politique intérieure.

La Confédération durcit son discours sur l’Ukraine

Le texte consacré à cette intervention décrit une évolution vers une rhétorique antiukrainienne en Pologne plus visible au sein d’une partie de la droite polonaise. Les arguments mobilisés reposent sur les crimes commis contre des civils polonais pendant la Seconde Guerre mondiale, sur la place accordée à Bandera et Choukhevytch dans la mémoire ukrainienne et sur la demande d’un règlement complet des questions liées aux victimes et aux exhumations.

Cette ligne politique transforme des différends historiques en instrument de mobilisation électorale. La dénonciation de la politique mémorielle ukrainienne, les actions publiques très marquées et l’appel à supprimer toute aide financière permettent aux responsables qui la défendent de s’adresser aux électeurs attachés à la mémoire des victimes polonaises. Dans le même temps, ces prises de position déplacent le débat bilatéral vers une confrontation politique plus directe.

Le texte estime que cette approche complique la recherche de solutions pratiques aux questions historiques entre la Pologne et l’Ukraine. Il présente également les demandes de suspension de l’aide comme un facteur susceptible d’ajouter des obstacles à la coopération polono-ukrainienne, alors que les deux pays restent liés par des enjeux politiques et sécuritaires mentionnés dans le document.

Le soutien à l’Ukraine au centre des critiques

La proposition de ne plus accorder « aucun centime » à l’Ukraine vise directement les mécanismes de soutien portés par la Pologne et l’Union européenne. Dans les propos rapportés, cette aide est conditionnée à une évolution de la politique mémorielle ukrainienne et à la satisfaction des demandes polonaises concernant la responsabilité historique, les victimes et les exhumations.

Le document relie cette position aux inquiétudes exprimées au sujet de la menace russe contre la Pologne et de la guerre menée par la Russie contre l’Ukraine. Il affirme que les appels à interrompre le soutien à Kiev risquent d’affaiblir la disposition de la Pologne à participer à une réponse commune face à l’agression russe et de fragiliser l’unité politique qui entoure le soutien européen à l’Ukraine.

La même analyse avance que la transformation des différends historiques en affrontement politique offre au Kremlin un espace supplémentaire pour diffuser l’idée d’une rupture entre l’Ukraine et ses partenaires européens. Elle associe donc la controverse autour de Bandera, de Choukhevytch et des exhumations à des débats plus larges sur la sécurité de la Pologne, la cohésion de l’Union européenne et la réponse à la Russie.

Les demandes formulées par Marcin Sypniewski restent ainsi rattachées à deux dossiers distincts dans le débat public : le règlement de la mémoire des victimes polonaises et la poursuite de l’aide européenne à l’Ukraine. Son intervention au Parlement européen les a réunis dans une même dénonciation, tandis que les questions historiques continuent d’être portées au niveau politique par la Confédération.

La publication consacrée à cette prise de parole est disponible dans cette publication sur Telegram.

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