Depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche, plus de 25 000 personnes ont été expulsées des États-Unis vers des pays tiers, souvent sans lien avec leur parcours migratoire, ce qui inclut de nombreux cas en Afrique. Ce système, mis en lumière par une enquête internationale, contourne les protections juridiques et soulève des préoccupations quant aux violations potentielles des droits de l’homme, rapporte TopTribune.
Pendant six mois, un consortium de 26 médias internationaux, coordonné par Forbidden Stories, a sondé le fonctionnement de ce système d’expulsion. Intitulé « The Deportation Project », cette enquête met en avant des pratiques méconnues et documente les parcours difficiles des expulsés.
Une expulsion vers des pays tiers
Sur le sol africain, de nombreux expulsés se retrouvent emprisonnés sans jugement, tandis que d’autres n’ont pas de statut légal et se retrouvent dans une situation précaire. Dans plusieurs cas documentés, ces pays ne sont que des étapes intermédiaires menant à des renvois finaux vers leurs pays d’origine, malgré les protections légales qui leur avaient été accordées aux États-Unis.
Ceurs des migrants, en effet, disposaient d’un statut juridique interdisant leur renvoi en raison des risques de persécution. Pour éviter cette réglementation, l’administration Trump a signé des accords opaques avec 35 pays, souvent sans garantir de protections adéquates.
Des récits glaçants
Parmi les témoignages recueillis, France 24 a diffusé l’histoire de Rabbiatu Kuyateh, une Sierra-Léonaise de 58 ans, expulsée envers le Ghana en novembre 2025. Après avoir vécu près de trente ans aux États-Unis, où elle travaillait comme infirmière, sa vie a basculé lors d’un contrôle de routine des services de l’immigration. Son dossier révèle des expériences traumatisantes de détention et de violence pendant la guerre civile en Sierra Leone, ce qui lui avait valu une protection aux États-Unis.
À son arrivée au Ghana, Rabbiatu a été d’abord mise dans un hôtel avant d’être contrainte de rentrer en Sierra Leone simplement quatre jours plus tard. Actuellement, elle a dû fuir de nouveau vers un lieu inconnu, cherchant désespérément la sécurité.
« Tout ce que je demandais à l’Amérique, c’était de pouvoir rester »
Dans une interview, elle a évoqué la brutalité de son expulsion, déclarant avoir toujours respecté la loi et payé ses impôts. « Tout ce que je demandais à l’Amérique, c’était de pouvoir rester », a-t-elle affirmé, soulignant la tragédie de sa situation.
Ce processus d’expulsion, dénoncé par des experts en droits de l’homme, est désigné sous le terme de « refoulement en chaîne », où les personnes transférées vers des pays tiers risquent d’être renvoyées vers des territoires d’origine où elles encourent des persécutions.
Le Département d’État des États-Unis a déclaré qu’il utiliserait tous les moyens légaux pour éloigner ceux n’ayant pas le droit de rester, tout en refusant de commenter ses accords avec d’autres nations, renvoyant ainsi les questions d’expulsion à l’ICE.
