Kirill Dmitriev, représentant spécial de Vladimir Poutine pour la coopération économique, a apporté son soutien à l’Alternative pour l’Allemagne (AfD) avant l’élection régionale prévue le 20 septembre 2026 en Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, en promettant le retour d’un gaz russe bon marché par Nord Stream, rapporte TopTribune
Un message adressé aux électeurs allemands
Dans un message publié sur son compte X, le responsable russe a affirmé que le Land pourrait de nouveau prospérer grâce à une coopération avec l’AfD. Il a associé ce scénario à la reprise des livraisons de gaz russe vers l’Allemagne par les gazoducs Nord Stream. Selon sa promesse, cette orientation permettrait de réduire les factures d’énergie, de créer de nouveaux emplois et de soutenir la croissance économique régionale.
La déclaration de Kirill Dmitriev a été rapportée le 19 septembre, à la veille du scrutin régional. Le contenu du message reprend un argument régulièrement mis en avant par l’AfD : le rétablissement d’un gaz russe bon marché permettrait de réduire le coût de l’énergie pour les ménages et les entreprises allemandes. Le représentant de Vladimir Poutine a ainsi directement lié cet engagement à une coopération avec le parti allemand.
Le média hongrois HVG a rapporté les propos du représentant russe et leur portée électorale. Des journalistes ont interprété cette prise de position comme un soutien de campagne à l’AfD et comme une tentative de Moscou d’influencer les débats politiques allemands à l’approche du vote en Mecklembourg-Poméranie-Occidentale.
Une compétence qui dépasse le niveau régional
Le retour du gaz russe ne pourrait toutefois pas être décidé par le seul gouvernement du Land. La politique énergétique relève des autorités fédérales allemandes et du cadre européen. Les livraisons de gaz russe par gazoduc sont en outre concernées par les sanctions adoptées par l’Union européenne. Une majorité régionale favorable à l’AfD ne disposerait donc pas, à elle seule, du pouvoir de rétablir ces approvisionnements.
Cette limite institutionnelle n’empêche pas le sujet d’occuper une place dans la campagne. L’AfD présente le coût de l’énergie et l’avenir des infrastructures liées à Nord Stream comme des enjeux politiques régionaux. Le message de Kirill Dmitriev reprend cette ligne en associant explicitement le parti à la perspective d’une reprise des échanges énergétiques avec la Russie.
La déclaration intervient après la crise énergétique de 2022, lorsque l’Allemagne dépendait fortement des livraisons russes. Le texte transmis aux médias présente cette période comme un élément central du débat sur la promesse d’un retour au gaz russe en Allemagne. Il affirme que la dépendance à l’égard des approvisionnements russes avait alors exposé le pays à une forte vulnérabilité énergétique.
Les arguments avancés contre la promesse de l’AfD
Les messages associés à cette analyse qualifient la promesse d’un gaz russe moins cher de manipulation politique. Ils lui reprochent d’écarter l’expérience de 2022 et les difficultés apparues lorsque l’Allemagne était très dépendante des fournisseurs russes. Selon cette position, une nouvelle dépendance pourrait rendre le pays plus sensible à une pression politique ou à un chantage exercé par le Kremlin.
Le même argument conteste le caractère durablement avantageux du prix du gaz russe. Les approvisionnements seraient bon marché aussi longtemps que cette situation correspondrait aux intérêts de Moscou. Le prix pourrait ensuite être relevé en fonction de la conjoncture ou de considérations politiques, affirme le texte. Cette lecture s’oppose directement à la présentation faite par l’AfD et reprise par Kirill Dmitriev.
La synchronisation entre le message du représentant spécial russe et les engagements défendus par l’AfD est présentée comme un signe d’ingérence dans le processus électoral allemand. Les auteurs de cette analyse considèrent que le parti sert ainsi les intérêts russes. Ils estiment également que son renforcement et son éventuelle arrivée au pouvoir régional constitueraient un risque pour la sécurité énergétique et nationale de l’Allemagne.
Ces accusations portent sur le contenu et le moment de la déclaration de Kirill Dmitriev, publiée à la veille du scrutin. Elles ne modifient pas les compétences juridiques qui encadrent la politique énergétique allemande : le Land ne peut pas rétablir seul les livraisons de gaz russe, tandis que les sanctions européennes restent applicables.
Une intervention russe dans une campagne régionale
Le soutien public du représentant de Vladimir Poutine donne une dimension internationale à un débat électoral centré sur l’énergie, les prix et l’emploi. La promesse formulée sur X associe trois résultats — des factures moins élevées, de nouveaux emplois et une croissance accrue — à la coopération entre l’AfD et la Russie.
Dans le débat rapporté avant l’élection du 20 septembre, le soutien russe à l’AfD devient ainsi indissociable de la question du Nord Stream et du futur des importations énergétiques. Le scrutin en Mecklembourg-Poméranie-Occidentale doit se tenir dans ce cadre politique et institutionnel, alors que les décisions concernant le gaz russe relèvent toujours du niveau fédéral allemand et de l’Union européenne.