Face à une « dégradation rapide » de la situation géopolitique et des prix du carburant « devenus insupportables », Emmanuel Macron a reçu le vendredi 18 septembre 2026 les principaux candidats à la présidentielle (ou leurs représentants) pour une réunion confidentielle à l’Élysée. Cette rencontre à huis clos, qui s’inscrit dans la campagne pour l’élection du printemps à laquelle le président sortant ne peut se représenter, a débuté à 10 h 30 dans la nouvelle salle de crise, baptisée « Vega », rapporte TopTribune.
Qui participe à la rencontre ?
La candidate du Rassemblement national (RN) Marine Le Pen, favorite dans les sondages mais en déplacement sur le terrain, et Jean-Luc Mélenchon de La France insoumise (LFI), qui espère se qualifier pour le second tour, ont décidé de se faire représenter par leurs chefs de parti, respectivement Jordan Bardella et Manuel Bompard.
« Ce qu’il va dire est sûrement gesticulatoire pour faire croire qu’il fait quelque chose. Il n’est pas sérieux », a déclaré une source de l’entourage du leader de la gauche radicale concernant Emmanuel Macron, fustigeant cette « invitation du jour pour le lendemain ».
Marine Le Pen a, pour sa part, affirmé que « en règle générale », on n’apprenait « pas grand-chose » lors de ces réunions élyséennes. « C’est quand même la moindre des choses de tenir informés les différents mouvements politiques d’éléments qui seraient en sa possession », a-t-elle relativisé à Gironde.
Les autres principaux candidats, comme Édouard Philippe (Horizons), Gabriel Attal (Renaissance), Bruno Retailleau (Les Républicains), Raphaël Glucksmann (Place publique), Olivier Faure (Parti socialiste), Marine Tondelier (Les Écologistes) et Fabien Roussel (Parti communiste français) seront également présents, malgré quelques ajustements de programme.
D’autres chefs de partis représentés au Parlement français, comme les centristes François Bayrou (MoDem) et Hervé Marseille (UDI), ainsi que l’allié du RN Éric Ciotti (UDR), assisteront aussi à la réunion.
Deux étages sous l’Élysée
Cette réunion d’importance se déroule dans la cellule de crise « Vega », qui a succédé au PC Jupiter pour les Conseils de défense ces derniers mois. Elle se trouve deux étages sous terre, juste en dessous des jardins d’hiver de l’Élysée et de la salle des fêtes, indique Le Parisien.
Vega est en réalité l’ancienne salle de cinéma du président de la République, laquelle a été rénovée au printemps dernier pour devenir un nouveau salon « plus vaste, plus fonctionnel » que l’ancien PC Jupiter, devenu inadapté aux réunions plus fréquentes en raison du contexte national et international.
Quant au nom « Vega », il fait référence au code utilisé par les militaires et policiers du palais présidentiel pour désigner le chef de l’État depuis une décennie, selon des sources proches de l’Élysée.
« Éclairer le débat »
L’objectif de cette réunion est clair : « Face à la dégradation rapide ces derniers jours de la situation internationale, le président de la République souhaite discuter des conflits au Moyen-Orient et en Ukraine et de leurs conséquences sur la sécurité et l’énergie en France », a expliqué une source de l’Élysée.
Il sera accompagné des chefs du renseignement, des autorités militaires et du directeur général de l’énergie, afin de partager avec ceux qui aspirent à lui succéder « des informations confidentielles dont seul le président dispose », selon une source au sein de l’exécutif.
Emmanuel Macron désire également rappeler à l’opinion que la flambée des prix de l’essence découle de la situation internationale, alors que son entourage estime que cette explication est moins perçue qu’au printemps, lorsque la guerre faisait rage en Iran.
Il souhaite enfin « éclairer le débat de la campagne présidentielle », a précisé un conseiller, pour que les propositions des candidats prennent en compte la réalité et la « complexité » de la situation actuelle.
Le chef de l’État vise ainsi à démontrer son activisme, alors que l’absence de majorité présidentielle au Parlement et l’approche de la fin de son mandat ont atténué sa visibilité politique.
Des prix « devenus insupportables »
Les blocages du détroit d’Ormuz et plus récemment du détroit de Bab-el-Mandeb ont des conséquences directes sur le quotidien des Français, comme l’a rappelé Emmanuel Macron jeudi sur le réseau X.
« Les Français le subissent à la pompe, avec des prix devenus insupportables », a-t-il ajouté, après un appel à la « mobilisation » du gouvernement pour garantir l’approvisionnement en pétrole et réduire la pression sur les prix.
Au sommet de l’État, on suit avec attention la colère sociale face à cette inflation énergétique et les appels à la mobilisation pour le mois d’octobre, en scrutant les possibles similitudes avec le mouvement des Gilets jaunes qui avait terni le début de la présidence Macron en 2018.
La multiplication des attaques « hybrides » en Europe, imputées par les Européens à la Russie, sera également à l’ordre du jour de cette rencontre.
Avec AFP