Un chat adopté par une famille bolivienne a été identifié comme une nouvelle espèce, baptisée « Leopardus tilcayo ». Ce mystérieux félin, qui ressemble superficiellement à un chat domestique, est désormais la première nouvelle espèce de chat décrite au monde depuis un siècle. Son existence est déjà compromise, rapporte TopTribune.
D’une adoption banale à une découverte mondiale
L’histoire commence dans la région montagneuse de Los Yungas, en Bolivie, où une famille adopte cet animal. Nourri principalement de nouilles, de riz et d’œufs, le chat ne se comporte pas tout à fait comme ses congénères. Son miaulement est atypique, et il montre un intérêt particulier pour les poules. Après un an, la famille comprend qu’il ne s’agit pas d’un chat ordinaire et le remet au refuge de conservation animale de Senda Verde en 2016. Il a fallu dix ans pour que la science valide qu’ils avaient accueilli une espèce inconnue.
10 ans pour identifier ce « chat bizarre »
Baptisé scientifiquement Leopardus tilcayo, le félin pèse 1,4 kg et mesure 46 cm de long, ce qui le rend plus léger qu’un chat domestique classique. En 2016, un « chat bizarre » est signalé au refuge par Paola Nogales-Ascarrunz, biologiste exploratrice pour National Geographic. Au début, elle le classe parmi les chats-tigres connus, mais les doutes se précisent lorsqu’elle compare, en 2019, cet animal avec les descriptions existantes pour un guide des félins. Il s’avère que ses taches sont beaucoup plus larges.
Après des années d’analyses génétiques, une étude publiée le 17 septembre dans la revue Current Biology confirme l’existence de cette nouvelle espèce. « C’est un fait marquant, car depuis 100 ans, aucun nouveau chat sauvage n’avait été décrit », souligne Paola Nogales-Ascarrunz. Cette découverte est d’autant plus significative que les chats-tigres sont souvent difficiles à identifier à l’œil nu.
Une espèce à peine identifiée et déjà menacée
Les Yungas, où cette espèce a été trouvée, sont un écosystème fragile nécessitant une évaluation précise. Paola Nogales avertit que « l’espèce est menacée d’extinction ». Le docteur Jonas Lescroart, de l’Université d’Anvers, espère que cette découverte favorisera une meilleure protection des populations de chats-tigres, qui se trouvent souvent dans une situation précaire.
Les chats-tigres sont considérés comme vulnérables selon la Liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), et leur population est en déclin.