Licenciement d’un agent communal après un incendie mortel à Crans-Montana
Un agent de la commune de Crans-Montana a été licencié pour falsification de documents dans le cadre de l’incendie tragique du bar Le Constellation. Ce dernier est accusé d’avoir utilisé sans autorisation le nom d’un ingénieur pour approuver des travaux de rénovation deux semaines avant la catastrophe qui a coûté la vie à 41 personnes, rapporte TopTribune.
Le licenciement de cet employé a été décidé après que l’ingénieur concerné a été auditionné par la police. Ce dernier a confirmé que son nom avait été utilisé à son insu pour valider des projets de construction, ce qui a conduit à la mise en cause de la responsabilité de la commune dans la gestion des autorisations.
Les faits remontent à décembre 2025, lorsque Jacques et Jessica Moretti, co-gérants du bar, souhaitaient modifier leur terrasse et devaient soumettre leurs plans à une enquête publique. Cependant, le dessinateur engagé pour l’élaboration des plans n’avait pas le diplôme nécessaire pour être inscrit comme « auteur du projet ». Pour résoudre ce problème, un arrangement a été fait avec l’agent communal, qui a falsifié le dossier en ajoutant le nom d’un ingénieur civil diplômé sans son consentement.
Une gestion chaotique des autorisations
Les responsables de la commune de Crans-Montana ont exprimé leur consternation suite à cette découverte. François Berclaz, conseiller communal en charge des constructions, a déclaré : « Le Conseil communal regrette vivement qu’un document officiel ait fait l’objet d’un abus lié à une usurpation d’identité. Il est évident que le rapport de confiance avec notre collaborateur est définitivement rompu et que la faute imputable à sa pratique implique son licenciement immédiat ».
Le licenciement de l’agent n’est pas le seul développement inquiet dans cette affaire. L’employé avait déjà été inculpé dans l’enquête pénale entourant l’incendie. Lors de son audition par la police le 19 mai, il a reconnu ne pas avoir vérifié si le fumoir du bar, inauguré par le couple Moretti en 2017, avait été soumis à une enquête publique.
Une crise institutionnelle
Suite à l’audition de l’ingénieur et au licenciement de son employé, la commune a décidé de suspendre toute collaboration avec celui-ci. Romain Jordan, avocat des familles des victimes, a qualifié la situation de « nouvelle gifle » et a dénoncé un « problème de culture administrative au sein de la commune de Crans-Montana ». Il a souligné que « deux semaines avant le drame, on en était encore à maquiller des documents, ce qui soulève de nombreuses questions ».