Bretagne : des salariés de la mine d'andalousite de Glomel exposés à des poussières toxiques

Bretagne : des salariés de la mine d’andalousite de Glomel exposés à des poussières toxiques

11.09.2026 10:06
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De nouvelles accusations visent la mine d’extraction d’andalousite de Glomel, située dans les Côtes-d’Armor, exploitée par l’industriel Imerys. Ce minerai, réputé pour sa résistance aux très hautes températures, est crucial pour l’industrie. Depuis son ouverture dans les années 1970, cette carrière est la seule en Europe et fournit à elle seule 20 % de la demande mondiale en andalousite. Cependant, elle fait face à des allégations de pollution environnementale. Selon le média d’investigation Splann, la carrière pourrait également être responsable de rejets de poussières toxiques, compromettant la santé respiratoire des employés, rapporte TopTribune.

Des témoignages d’ouvriers indiquent que plusieurs d’entre eux souffriraient de « maladies pulmonaires », telles que la silicose ou le cancer. L’enquête de Splann se base sur des « documents et vidéos inédits » ainsi que sur des récits fournis par plusieurs employés. Célia Izoard, l’autrice de l’enquête, a recueilli cinq témoignages mettant en lumière « l’omerta » au sein de l’usine employant 68 personnes. Un ancien travailleur intérimaire a déclaré : « J’ai reniflé toute cette poussière qui m’a rendu invalide ». Un salarié reconnu comme travailleur handicapé, Cédric Gouagout, a décidé de porter l’affaire devant la justice.

La direction d’Imerys a réagi en affirmant que « les opérations du site de Glomel sont conduites dans le cadre des autorisations préfectorales applicables et sous le contrôle régulier des autorités compétentes, notamment la DREAL », la Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement. Pourtant, des rapports réalisés entre 2021 et 2023 par l’Apave, un organisme mandaté par Imerys, révèlent que les valeurs limites d’exposition des travailleurs ont été dépassées à plusieurs postes de travail, selon Splann.

Des valeurs limites dépassées ?

Imerys, une multinationale opérant dans 40 pays avec un chiffre d’affaires dépassant trois milliards d’euros, insiste sur le fait que le suivi des risques liés aux poussières est régulièrement évalué. Des « dispositifs de prévention et des protections individuelles » sont théoriquement disponibles. Toutefois, les contrôles effectués montrent des manquements sérieux, mettant en question la gestion de la qualité de l’air sur le site.

Des vidéos récemment diffusées par Splann avaient déjà accusé Imerys d’être à l’origine d’une pollution de l’eau causée par le déversement de produits chimiques. En conséquence, une enquête a été ouverte début avril par le parquet de Saint-Brieuc. Cette situation s’ajoute aux préoccupations qui entourent le groupe, déjà sous le coup d’accusations similaires concernant des rejets illégaux de substances nocives à Glomel. En août dernier, un quatrième rejet non conforme en moins de deux ans a été signalé, exacerbant les inquiétudes locales et entraînant l’escalade des mesures judiciaires.

La situation à Glomel soulève des questions cruciales concernant la réglementation et la surveillance des activités extractives dans la région. Ces événements mettent également en lumière la fragilité de la santé des employés face à l’exploitation industrielle, et la nécessité d’une réponse adéquate des autorités pour protéger tant l’environnement que les travailleurs.

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