Aurore Bergé défend la « liberté d’expression » concernant la théorie du grand remplacement et suscite la controverse

Aurore Bergé défend la « liberté d’expression » concernant la théorie du grand remplacement et suscite la controverse

10.09.2026 17:46
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La ministre française en charge de la Lutte contre les discriminations, Aurore Bergé, a suscité les critiques au sein de son propre camp en évoquant la « liberté d’expression » concernant la théorie du « grand remplacement », sans la qualifier de « raciste », rapporte TopTribune.

Interrogée sur CNews, Aurore Bergé a évité de qualifier cette théorie d’extrême droite comme raciste, déclarant : « Non, je ne pense pas que ce soit une théorie… », avant de laisser sa phrase en suspens. Elle a néanmoins exprimé son intention de « combattre » cette théorie, qu’elle a qualifiée de « fausse factuellement » et « mensongère » en raison de son potentiel à instiller la peur dans la société française.

Elle ne veut pas de « censure du débat public »

Jeudi, sur France Info, la ministre a défendu le droit de débattre de tels sujets dans le cadre de la liberté d’expression. « Ranger cette théorie comme raciste voudrait dire qu’on n’a pas le droit d’en débattre. Moi, je préfère combattre », a-t-elle affirmé. Lors d’une conférence de presse suivant le Conseil des ministres, elle a précisé : « De la même manière que je ne plie pas aux théories fausses et mensongères de l’extrême droite, je ne plie pas non plus aux injonctions de l’extrême gauche qui veulent censurer le débat public », tout en ajoutant que cette théorie « ne tombait pas sous le coup de la loi ».

Renaissance et la France insoumise en accord

Sa position a suscité des réactions vives, notamment celle de la députée Prisca Thevenot, membre de son propre parti Renaissance, qui a interpélé Aurore Bergé sur Twitter : « Aurore Bergé, tu expliques qu’une théorie raciste, ça se débat comme une opinion politique ? Le racisme est un DÉLIT. » Elle a ajouté que le « grand remplacement » n’était pas un débat, mais une théorie complotiste ayant motivé des actes terroristes.

La réaction de Thevenot a trouvé un écho au sein de la gauche. Manuel Bompard, coordinateur de La France insoumise, a soutenu que Bergé ne pouvait maintenir son rôle en tant que ministre chargée des discriminations tout en affirmant que le grand remplacement n’était pas une théorie raciste. D’autre part, Maud Bregeon, porte-parole du gouvernement, a qualifié de « bien mauvais procès » les accusations visant Aurore Bergé, affirmant qu’elle avait exposé des valeurs claires et rappelé l’état du droit.

La théorie du grand remplacement, introduite par l’écrivain Renaud Camus en 2010, suggère que les Français « de souche » sont remplacés par des populations non-européennes avec la complicité des « élites ». Cette thèse est largement contestée par la communauté scientifique ; la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) l’a qualifiée de « fantasme », estimant qu’elle revitalise des discours xénophobes en les associant à des arguments identitaires.

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