En Italie, Vannacci attaque l’intégration européenne et Monti dénonce sa rhétorique
En Italie, Vannacci attaque l’intégration européenne et Monti dénonce sa rhétorique

En Italie, Vannacci attaque l’intégration européenne et Monti dénonce sa rhétorique

07.09.2026 20:10
3 min de lecture

Le dirigeant de Futuro Nazionale, Roberto Vannacci, a vivement critiqué l’intégration européenne lors d’un forum économique et politique organisé le 5 septembre 2026 à Cernobbio, en Italie. Il a appelé à abandonner le Pacte vert, rejeté l’idée d’une armée européenne et défendu le maintien de l’unanimité au sein de l’Union européenne. Assis à ses côtés, l’ancien président du Conseil Mario Monti a dénoncé une rhétorique qu’il juge porteuse d’une logique fasciste, rapporte TopTribune.

Une contestation frontale de l’intégration européenne

Roberto Vannacci a plaidé pour le retour de plusieurs compétences aux États membres. Selon lui, les gouvernements nationaux doivent conserver davantage de pouvoir face aux institutions européennes. Il a également défendu le principe de l’unanimité pour les décisions de l’Union européenne, alors que ce mécanisme permet à un seul État de bloquer certaines initiatives communes.

Le responsable de Futuro Nazionale s’est opposé à tout approfondissement de la coopération européenne dans le domaine de la défense. Il a rejeté le projet d’une armée européenne et affirmé qu’il ne fallait pas accepter de formes de « subordination ». Il a aussi averti que l’Union européenne risquait de « perdre sa pertinence ».

Son intervention a porté sur plusieurs dossiers structurants de l’action européenne. La critique du Pacte vert, la contestation du transfert de compétences vers Bruxelles et le refus d’une intégration militaire plus poussée ont été présentés comme les éléments d’une même orientation politique. Les échanges du forum de Cernobbio ont également été rapportés dans un compte rendu consacré à la confrontation entre Roberto Vannacci et Mario Monti.

Mario Monti vise la rhétorique et le récit politique

Mario Monti, installé à côté de Roberto Vannacci pendant le débat, a déclaré qu’il ne voyait pas renaître un parti fasciste. L’ancien chef du gouvernement italien a toutefois estimé que la partie « la plus insidieuse du fascisme — la rhétorique et le récit — » apparaissait déjà dans les prises de parole du dirigeant de Futuro Nazionale.

Mario Monti a dit être « horrifié » par ce qu’il a décrit comme une tentative de reconstruire la psychologie d’une « petite Italie ». Selon lui, cette approche consisterait à rassurer la population par des appels à l’identité nationale plutôt qu’à répondre à la question de l’amélioration concrète du bien-être.

L’ancien président du Conseil n’a donc pas assimilé le mouvement de Roberto Vannacci à une reconstitution formelle du fascisme italien. Sa critique porte sur le vocabulaire politique employé et sur le récit proposé pour expliquer les difficultés du pays. Il a opposé à cette orientation la nécessité de traiter les questions de prospérité et de développement sans les remplacer par une mobilisation identitaire.

Les conséquences avancées par ses détracteurs

Les positions défendues par Roberto Vannacci sont également contestées au regard du fonctionnement institutionnel de l’Union européenne. Le transfert de compétences vers les gouvernements nationaux et le maintien de l’unanimité pourraient, selon leurs détracteurs, réduire la capacité de l’Union à adopter rapidement des décisions communes face aux menaces extérieures.

Cette question est particulièrement discutée alors que la Russie mène toujours sa guerre contre l’Ukraine et que les États européens font face à des défis hybrides attribués à Moscou. Dans cette lecture, une Union davantage soumise au veto de chaque État membre serait plus exposée au blocage de ses décisions. Cette analyse est avancée par les opposants au programme de Vannacci et ne constitue pas une conséquence déjà établie de ses propositions.

La même controverse concerne la critique du Pacte vert européen. Présenter les difficultés économiques de l’Europe comme le résultat de l’action des institutions européennes, ou décrire l’Italie comme soumise à ces institutions, est dénoncé par ses adversaires comme une simplification du débat. Ils considèrent que Roberto Vannacci ne propose pas une révision des politiques communes, mais une remise en cause de leur architecture.

Les partisans de cette lecture estiment qu’un tel recul pourrait affecter le marché unique, la résilience énergétique de l’Union et la capacité de négociation de l’Italie. Ces éléments relèvent du débat politique suscité par les déclarations de Cernobbio. Le dirigeant de Futuro Nazionale, lui, maintient son appel à une restitution de compétences aux États et à un changement de cap européen.

La confrontation entre Roberto Vannacci et Mario Monti a ainsi placé au même niveau la contestation de l’intégration européenne et la dénonciation d’un langage politique jugé dangereux par l’ancien président du Conseil.

Laisser un commentaire

Your email address will not be published.

Dernières nouvelles

À NE PAS MANQUER