Impôt 2026 pour les seniors : découvrez les avantages fiscaux auxquels vous avez droit mais dont vous ne profitez pas.

Impôt 2026 pour les seniors : découvrez les avantages fiscaux auxquels vous avez droit mais dont vous ne profitez pas.

05.09.2026 08:16
4 min de lecture

Le gouvernement a pris une décision claire : les réductions fiscales destinées aux seniors, âgés de plus de 65 ans, seront intégralement maintenues en 2026, et certaines verront même leur portée renforcée. Des dispositifs tels que l’abattement sur les pensions, un système spécifique pour les revenus modestes, ainsi qu’un crédit d’impôt pour l’aide à domicile ou l’hébergement en établissement demeurent intacts. Cette clarification fait suite à une période d’incertitude où certains craignaient une suppression totale de ces avantages fiscaux pour les personnes âgées. Le débat parlementaire sur le déficit public en 2025 et début 2026 a vu des députés évoquer la possibilité de réduire les dépenses fiscales en faveur des seniors, rapporte TopTribune.

Deux propositions avaient émergé : diminuer le crédit d’impôt pour les services à la personne, initialement fixé à 50 % des dépenses, et réduire l’abattement spécial pour les plus de 65 ans. Aucun de ces changements n’a finalement été retenu.

Un abattement qui grimpe jusqu’à 2 822 euros dès 65 ans

Cette mesure est appliquée automatiquement, sans démarches nécessaires, pour les individus nés avant 1961, concernant les revenus de 2025. Pour une personne seule ayant un revenu net global ne dépassant pas 17 670 euros par an, l’abattement atteint 2 822 euros. Pour ceux dont le revenu se situe entre 17 670 et 28 430 euros, l’abattement est de 1 411 euros. Au-delà de ce seuil, aucun abattement supplémentaire n’est octroyé.

Dans le cas d’un couple marié ou pacsé dont les deux membres ont plus de 65 ans, les montants sont doublés : 5 644 euros en-dessous du premier seuil et 2 822 euros dans la catégorie intermédiaire. Ces plafonds sont révisés chaque année, avec une légère augmentation de 0,9 % pour 2026.

Le blog Cap Retraite illustre ce mécanisme avec l’exemple de Claude et Martine, un couple marié de 68 ans. Claude perçoit une pension annuelle de 10 000 euros et Martine 8 000 euros, ce qui leur fait un revenu total de 18 000 euros. Après l’application de l’abattement automatique de 10 % sur les pensions, totalisant 1 800 euros, ainsi que l’abattement spécial de 1 411 euros par personne, leur revenu imposable est réduit à 13 378 euros.

Le résultat est significatif : ils ne paient qu’environ 400 euros d’impôts, au lieu de 1 500 euros pour un couple n’ayant pas accès à ces dispositifs, réalisant ainsi une économie d’environ 1 100 euros.

Pensions, aide à domicile, travaux d’adaptation

L’abattement de 10 % sur les pensions de retraite est quant à lui universel, s’appliquant sans conditions d’âge ni de revenu à tous les régimes (général, SNCF, fonction publique, agriculture), avec un plafond fixé à 4 321 euros par foyer fiscal. Par exemple, une pension de 12 000 euros permet un abattement de 1 200 euros, ce qui fait chuter la base imposable à 10 800 euros, entraînant une économie d’environ 400 euros en fonction de la tranche d’imposition.

Concernant le crédit d’impôt destiné à l’embauche d’une aide à domicile, que ce soit pour le ménage, la préparation de repas, des petits travaux ou un accompagnement, il couvre 50 % des frais engagés, dans la limite de 12 000 euros par an (pouvant atteindre jusqu’à 20 000 euros dans certains cas). De plus, les retraités non imposables peuvent également bénéficier d’un remboursement. Le service CESU+ permet quant à lui de réaliser une avance immédiate pour ces aides.

Pour les travaux de modification du logement, tels que l’aménagement d’une douche à l’italienne, l’ajout de barres d’appui ou l’élargissement des portes, un crédit d’impôt de 25 % est accessible, limité à 5 000 euros pour une personne isolée et 10 000 euros pour un couple. Une réduction de la TVA à 5,5 % est aussi prévue si ces travaux sont réalisés par un professionnel certifié.

Quant à l’hébergement en EHPAD, la réduction d’impôt est maintenue à 25 % des dépenses, avec un plafond annuel de 10 000 euros par personne, soit un gain potentiel pouvant atteindre 2 500 euros. Les aides déjà perçues, comme l’APA ou des allocations logement, sont déduites du montant du revenu imposable.

Taxe foncière : un dégrèvement automatique dès 65 ans

Les propriétaires âgés de 65 à 75 ans profitent d’un dégrèvement automatique de 100 euros par an sur leur taxe foncière, sans qu’aucune démarche ne soit requise, dès l’année de leur 65ème anniversaire. Au bout de dix ans, ce sont 1 000 euros d’économies. Après 75 ans, des dégrèvements supplémentaires peuvent être sollicités auprès de la mairie, les critères variant selon les localités.

Les seniors âgés de 75 ans et plus, disposant de revenus modestes, peuvent prétendre à une exonération totale de la taxe foncière sur leur résidence principale. Les bénéficiaires de l’allocation de solidarité aux personnes âgées (ASPA), qui doit être accessible avec moins de 943 euros de revenu mensuel en 2026, peuvent également en bénéficier. Cette exonération s’applique même si le propriétaire est hébergé en établissement, tant que le logement reste inoccupé.

Rentes, IFI et donations aux enfants

Parmi les autres dispositifs fiscaux, les rentes viagères profitent d’une imposition limitée à 30 % après l’âge de 70 ans. La résidence principale bénéficie d’un abattement de 30 % pour l’impôt sur la fortune immobilière (IFI). De plus, les donations entre parents et enfants demeurent exonérées jusqu’à 100 000 euros, chaque quinquennat pouvant voir ce montant renouvelé. Ce plafond est distinct des droits de succession, qui varient en fonction du degré de parenté : 20 % pour les enfants, 30 % pour les petits-enfants et 55 % pour les nièces et neveux.

Les revenus complémentaires, un piège classique

Un logement loué, un garage ou des intérêts provenant d’un compte bancaire peuvent s’ajouter aux pensions pour le calcul du revenu net global, ce qui peut faire dépasser les seuils de l’abattement spécial. Par exemple, une retraite de 14 000 euros, ajustée à 12 600 après application de l’abattement de 10 %, additionnée à 6 000 euros de revenus immobiliers, donne un total supérieur à 17 670 euros. L’abattement se réduit alors à 1 411 euros au lieu de 2 822 euros.

L’erreur la plus courante consiste à omettre de déclarer ces revenus complémentaires, en pensant que seule la pension est prise en compte. Une autre tendance est de ne pas vérifier que l’abattement spécial ait bien été appliqué sur le relevé d’imposition, des erreurs administratives pouvant se produire.

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