Le député Jean-Philippe Tanguy a défendu mardi la proposition du Rassemblement National (RN) d’interdire le port du voile islamique en public, affirmant qu’il « n’attaque pas un symbole religieux » mais une « idéologie ». Cette initiative controversée, qualifiée de douteuse sur le plan constitutionnel, soulève des critiques sur son applicabilité, rapporte TopTribune.
Tanguy a précisé sur France Info qu’il ne stigmatise pas les femmes portant le voile, mais qu’il existe des situations où il est nécessaire d’abandonner certains symboles jugés accaparés par une idéologie. Ce dernier avait également évoqué la possibilité d’amendes pour les femmes portant le voile dans l’espace public.
Une proposition critiquée même à droite
Marine Le Pen, candidate à la présidentielle, a soutenu sa volonté de soumettre aux Français un référendum visant à instaurer une loi contre les idéologies islamistes, incluant la pénalisation du voile dans les lieux publics. Cette proposition a engendré des critiques, tant sur la violation de la liberté religieuse que sur les difficultés pratiques de mise en œuvre, notamment de la part du candidat Les Républicains (LR) Bruno Retailleau, qui a dénoncé les populistes, arguant qu’ils savent l’initiative inapplicable.
Une dissension Bardella-Le Pen ?
Un certain malaise se fait sentir au sein du RN, alors que Jordan Bardella, président du parti, a exprimé des réserves face à la création d’une « police du vêtement », tandis que Marine Le Pen insiste sur sa position. De son côté, le candidat Renaissance Gabriel Attal a exprimé son opposition radicale à cette proposition lors d’une visite dans une école, affirmant que le respect des valeurs républicaines inclut la liberté de croyance et de culte, ce que certains jugent respectueux des choix des femmes.
Et la Constitution dans tout ça ?
Pour qu’un référendum puisse avoir lieu, une révision de la Constitution serait nécessaire, en raison des limites imposées par son article 11. Tanguy soutient que cet article est extensible et que les Français devraient pouvoir se prononcer sur tous les sujets. Si elle est élue, Le Pen prévoit également de procéder à une révision constitutionnelle substantielle, touchant à l’immigration, à la nationalité et à la primauté du droit national, en se servant de l’article 11 pour le faire voter par référendum, mais ce qui pourrait être perçu comme un coup de force par le Conseil constitutionnel.