Le 31 août 2026, la France a marqué une avancée significative en devenant le premier pays européen à introduire une taxe sur l’ultra fast-fashion. Ce malus, qui sera en vigueur pendant cinq ans jusqu’en 2030, représente le début d’une transformation importante du secteur textile en Europe. À partir du 1er septembre, chaque vêtement vendu par des plateformes telles que Shein, Temu ou AliExpress sera assujetti à une pénalité calculée selon sa catégorie et son impact environnemental, rapporte TopTribune.
Un barème progressif sur cinq ans
Le ministère de la Transition écologique a publié un arrêté le 28 août, précisant les modalités de cette taxe adoptée en juillet dernier par le Parlement. Quinze catégories de vêtements, allant des sous-vêtements aux manteaux, seront concernées, avec une augmentation progressive des pénalités chaque année.
Le barème initial est relativement accessible. Une paire de chaussettes ou un boxer aura une pénalité supplémentaire de 0,50 euro, alors qu’un T-shirt sera taxé de 2 euros, un jean de 9 euros et une veste de 12 euros. Les montants sont ajustés selon le score environnemental, avec un plafond fixé à 50 % du prix hors taxe. Par exemple, un T-shirt vendu 4 euros ne pourra pas dépasser une pénalité de 2 euros. Ces quinze catégories englobent la majeure partie de l’offre de la fast-fashion, comprenant boxers, chemises, jeans, robes, manteaux, pantalons, pulls, T-shirts et polos. Chaque article sera évalué selon des normes environnementales précises.
En 2030, la pénalité pour une veste atteindra 19,50 euros, tout en maintenant le plafond à 50 % du prix. Par ailleurs, un caleçon ou une paire de chaussettes verra sa pénalité passer de 0,50 euro à 2 euros. L’augmentation des pénalités suivra une courbe exponentielle avec des paliers en 2027, 2028 et 2029, visant à rendre le modèle économique de l’ultra fast-fashion insoutenable. Les sommes récoltées seront allouées à un fonds destiné à soutenir les entreprises textiles respectueuses de l’environnement, établissant ainsi un circuit fermé où les plateformes asiatiques participent à la transition écologique en France.
Une stratégie progressive
Le gouvernement adopte une stratégie graduelle. Mathieu Lefèvre, ministre délégué à la Transition écologique, a déclaré : « Avec ce malus, la France, pionnière en Europe, met en place un outil efficace pour contrer un modèle où les vêtements passent rapidement des rayons à la benne. »
Cette approche progressive permettra aux plateformes d’ajuster leur stratégie en réduisant leurs volumes, en améliorant la qualité ou en intégrant des solutions de réparation. Le critère incitant à la réparation, fondé sur le rapport entre le prix et le coût de réparation, devient essentiel. Plus un vêtement est bon marché et difficile à réparer, plus la pénalité sera conséquente.
Le dispositif a été testé avec six entreprises françaises : Kiabi, Decathlon, Jules, Petit Bateau, E.Leclerc et Carrefour, qui ne seront pas affectées par cette réglementation. Le gouvernement souligne que les véritables responsables des difficultés rencontrées dans le secteur textile en France sont principalement Shein et Temu, qui dépassent les volumes de ventes de marques comme Zara. Des enseignes telles que Primark, Zara, Uniqlo et H&M ne seront également pas concernées par le malus, car le seuil des volumes massifs cible exclusivement les plateformes asiatiques, qui lancent des milliers de nouveaux modèles chaque semaine. La loi a été révisée pour se concentrer sur l’ultra fast-fashion et protéger les entreprises faisant appel à une main-d’œuvre en France.