Bercy étudie actuellement une potentielle désindexation des retraites les plus élevées, supérieures à 3 000 euros, dans le cadre du budget prévu pour 2027. Cette mesure, visant à réaliser des économies, se distingue d’un gel global des pensions, rapporte TopTribune.
Le ministère de l’Économie travaille sur cette « hypothèse de travail » qui pourrait avoir des répercussions significatives sur les finances publiques. Le ministre de l’Économie, Roland Lescure, a exprimé sur France Inter la nécessité de réévaluer l’indexation des retraites à l’inflation, la qualifiant de méthode « efficace » pour réaliser des économies. De son côté, le ministre des Comptes publics, David Amiel, a également plaidé pour un débat sur les « indexations automatiques indifférenciées ».
L’indexation coûterait 6 milliards d’euros
Les retraites, en raison de leur poids croissant dans les dépenses publiques, sont désormais au centre des préoccupations gouvernementales. Depuis 2022, il y a eu une revalorisation des pensions d’environ 14 %. Pour 2026, l’inflation est estimée proche de 2 %. L’indexation des retraites pourrait ainsi peser lourdement sur les comptes publics, avec un coût approximatif de 6 milliards d’euros. En revanche, un gel total aurait permis d’économiser près de 3,6 milliards d’euros. Le gouvernement semble privilégier un ciblage sur les retraités les plus aisés, avec un seuil de 3 000 euros de pension évoqué en juin par le ministre.
Cependant, à Matignon, la prudence reste de mise. Un conseiller de Sébastien Lecornu a déclaré au Figaro : « Ce ne sont que des hypothèses de travail de Bercy ». Plusieurs pistes d’économies doivent être soumises au Premier ministre d’ici la fin du mois, mais les précédents budgets montrent que la question de la désindexation des retraites est historiquement sensible. En effet, cette question a été soulevée puis abandonnée à deux reprises.