« C'est officiel : Dassault Aviation annonce la fin du SCAF et révèle un remplaçant surprenant »

« C’est officiel : Dassault Aviation annonce la fin du SCAF et révèle un remplaçant surprenant »

26.07.2026 07:46
3 min de lecture

« C’est terminé. C’est derrière nous. » Le 22 juillet 2026, lors de la présentation des résultats semestriels de Dassault Aviation, Éric Trappier, le PDG, a officialisé la fin du programme NGF, le chasseur de nouvelle génération conçu en collaboration entre la France et l’Allemagne. Cette décision a été actée un mois auparavant par Paris et Berlin, marquant ainsi l’arrêt du programme SCAF et de la coopération avec Airbus, avec une notification formelle envoyée juste avant cette annonce, rapporte TopTribune.

Ce retournement, soudain dans ses mots, avait cependant des origines plus profondes. Deux divergences majeures ont embarrassé le projet : Dassault souhaitait la responsabilité principale sur le développement du chasseur habité, alors qu’Airbus, représentant les intérêts allemands et espagnols, exigeait une égalité stricte. En réalité, les exigences des deux nations n’étaient pas alignées. Le chancelier Friedrich Merz l’avait clairement affirmé dans un podcast en février 2026 : « Les Français ont besoin d’un avion capable de transporter des armes nucléaires et d’opérer à partir d’un porte-avions. Ce n’est pas ce dont nous avons besoin dans l’armée allemande. » Après neuf années de pourparlers, aucun prototype n’a vu le jour.

Un nouveau départ pour Paris sur une base solide

Trappier a exprimé sa volonté de collaborer avec de nouveaux partenaires, à condition qu’ils respectent les normes dictées par la France. Selon des informations rapportées par FlightGlobal, Dassault a indiqué lors de cette présentation semestrielle qu’ils envisageaient de lancer un démonstrateur pour un futur appareil de combat, soit de manière autonome, soit en coopération, avec l’espoir d’un vol d’essai prévu pour 2031 ou 2032.

La nouvelle stratégie française, post-SCAF, repose sur trois axes fondamentaux. Tout d’abord, le Rafale F5, lancé officiellement par le ministère des Armées en octobre 2024, avec une entrée en service ciblée pour 2033 et une pleine opérationnalité visée pour 2035. Ensuite, un drone de combat lourd est prévu pour entrer en service à côté de cette version. Enfin, la conception d’un appareil, surnommé Super-Rafale, est envisagée pour l’avenir.

Pour financer le F5 dans l’immédiat, une décision budgétaire a été adoptée : 20 unités du Rafale, initialement destinées aux forces françaises pour 2031-2032, seront finalement livrées en 2033-2034. Ce changement permet d’augmenter les ressources disponibles pour le développement du nouveau standard et du drone d’accompagnement.

Le 2 juin 2026, un contrat de développement a été signé entre la Direction générale de l’armement et MBDA pour l’ASN4G, un missile nucléaire hypersonique de quatrième génération visant à remplacer l’ASMPA-R existant. Le Rafale F5 sera le porteur de ce missile, destiné aux Forces aériennes stratégiques et à la composante maritime de la dissuasion, avec un objectif de disponibilité d’ici 2035.

Bien que la DGA n’ait pas divulgué les performances de l’armement, elle a confirmé que le missile sera conçu pour être invulnérable face aux systèmes de défense antimissile les plus avancés. Par ailleurs, le F5 intégrera un nouveau radar, des capacités améliorées de fusion de données et des éléments d’intelligence artificielle développés principalement grâce à un partenariat entre Dassault et Thales, initié en novembre 2025, ainsi qu’un investissement dans Harmattan AI début 2026, lors d’une collecte de fonds de 200 millions de dollars.

Le caractère souverain de cette intelligence artificielle n’est pas simplement une question de marketing ; il s’agit plutôt d’une nécessité, car les algorithmes et les données d’entraînement ne peuvent dépendre d’une source externe, conformément à la doctrine nucléaire française.

Concernant le moteur, lors du Salon du Bourget en 2025, Safran a présenté le M88 T-REX, une version améliorée avec une poussée augmentée à neuf tonnes en postcombustion, soit environ 20 % de plus que le M88 actuel, afin de compenser l’alourdissement anticipé de l’appareil.

En ce qui concerne le concept de cloud de combat, autre pilier du SCAF, Trappier a été direct : « Cloud de combat ? Je ne sais pas ce que cela veut dire ! En revanche, il y aura une interopérabilité entre les avions français et ceux de nos alliés. »

Cette ambition nationale implique des coûts significatifs. Selon plusieurs sources spécialisées, les Émirats arabes unis, un client fidèle du Rafale suite à la commande de 80 appareils en 2021, n’ont pas prévu de financement pour le F5. Ce schéma aurait pu représenter environ 3,5 milliards d’euros sur un coût de développement estimé à cinq milliards d’euros.

Paris a refusé de faire des compromis sur des systèmes optiques avancés, des outils de brouillage électronique et des logiciels critiques. Ainsi, la France se retrouve à assumer seule une charge financière bien plus lourde que prévu, avec une Loi de programmation militaire révisée portant le budget de défense pour 2024-2030 à 436 milliards d’euros, après une augmentation de 36 milliards annoncée en 2026.

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