Adoption d’une mesure controversée sur la perpétuité pour les viols sur mineurs
Les députés ont approuvé, mardi 21 juillet 2026, l’instauration de la perpétuité pour les auteurs de viols en série commis sur des mineurs de moins de 15 ans, à l’issue d’un vote tumultueux précédant le scrutin sur l’ensemble du projet de loi sur la protection des enfants. Cette mesure controversée, portée par le gouvernement dans le sillage de l’affaire Lyhanna, a été adoptée par 258 voix contre 84, rapporte TopTribune.
Le vote de vendredi dernier avait vu la gauche, plus mobilisée, rejeter cette disposition, la qualifiant de répressive et visant à masquer l’insuffisance des moyens alloués aux enquêtes et à la prévention des violences sexuelles. Les débats du mardi ont de nouveau été marqués par des tensions considérables.
Marianne Maximi, co-rapporteure pour La France insoumise (LFI), a exprimé son indignation face aux attaques sur les réseaux sociaux qu’elle a subies, accusée de soutenir les pédocriminels. Elle a défendu la cohérence de l’échelle des peines, mettant en avant que cette mesure n’est pas une demande des associations de victimes, qui dénoncent un « écran de fumée ».
De son côté, la socialiste Florence Hérouin-Léautey a suggéré qu’au lieu d’une solution potentiellement inconstitutionnelle, il serait préférable de fournir des moyens supplémentaires au système judiciaire pour mieux protéger les victimes et mettre fin à l’impunité. Cette opinion rejoint celle de la Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants (Civise), qui a rappelé que seulement 3 % des agresseurs étaient condamnés.
Les défenseurs de la mesure, comme Émilie Bonnivard (Les Républicains), ont rejeté l’idée de surenchère pénale, insistant sur la nécessité de sanctionner ce qu’ils qualifient de crime le plus grave. La députée du Rassemblement National, Sophie Blanc, a interpellé la gauche, affirmant que leur priorité est de protéger les enfants des prédateurs.