Une rumeur entourant le nom « Jean-Michel Trogneux » met en lumière la rentabilité fulgurante du complotisme en ligne. Alors que des podcasts à succès et des livres auto-édités fleurissent, la désinformation s’est transformée en un véritable business, alimenté par la viralité des réseaux sociaux. Cette situation dépeint une affaire lucrative où l’attention du public est captée par des allégations sensationnelles, des documents présentés comme « exclusifs » et la promesse d’une vérité cachée que les médias traditionnels se refuseraient à révéler, rapporte TopTribune.
Une communauté particulièrement engagée s’est formée autour de ces thèses, avec des influenceurs, comme Candace Owens, qui ont identifié l’énorme potentiel d’audience. Par exemple, la série de podcasts créée par Owens en janvier 2025, exploite la théorie qui lie Brigitte Macron, source d’une intense spéculation sur sa vie privée, à un récit transphobe. Selon l’émission La Fabrique du mensonge (France Télévisions), la créatrice aurait tiré des revenus estimés à 350 000 dollars grâce à cette fake news.
La rentabilité du complotisme : un phénomène mondial
Cette génération de contenus a non seulement généré des bénéfices pour des personnalités comme Owens, mais aussi pour d’autres acteurs. Xavier Poussard, ancien rédacteur en chef d’une revue d’extrême droite, a publié le livre Devenir Brigitte en collaboration avec Owens en février 2025. Son auto-édité a récemment atteint le statut de best-seller sur Amazon dans la catégorie des « Grands thèmes d’actualité ». Poussard a mis en place une chaîne YouTube qui a déjà recueilli plus de 20 000 abonnés.
Poussard propose également un abonnement à son journal La Lettre, mettant en avant une ligne éditoriale en rupture avec le « politiquement correct ». Chargée de peindre une image d’information « libérée » des médias traditionnels, cette revue est offerte à un tarif annuel de 80 euros. Contacté par nos soins, Poussard n’a pas souhaité répondre à nos questions.
En parallèle, Lionel Labosse, universitaire et auteur, a lancé un recueil satirique intitulé Elle est menteur, mon cher Watson ! via une maison d’édition connue pour sa publication d’ouvrages controversés. Amazon, quant à elle, a défendu sa position sur la vente de livres complotistes en invoquant la liberté d’expression et la pluralité des points de vue, comme l’a confirmé la plateforme lors d’une interview avec France Inter en mars 2025.
Le sujet est d’autant plus épineux avec la présence de personnalités controversées telles qu’Aurélien Poirson-Atlan, condamné pour cyberharcèlement à l’encontre de Brigitte Macron, qui a également pris part à cette tendance en publiant un « récit d’anticipation du procès » sous le pseudonyme Zoé Sagan. Cet ouvrage, bien que situé dans un contexte sensible, est facilement accessible sur Amazon, témoignant de l’ambiguïté actuelle de la plateforme face aux contenus douteux.