Achat massif de numéros de L’Essor Savoyard pour étouffer une affaire de viol à Annecy
Le 20 juillet 2026, Reporters sans frontières (RSF) et le magazine régional L’Essor Savoyard accusent des membres de l’équipe municipale d’Annecy d’avoir acquis en juin des centaines de numéros du magazine local pour dissimuler une affaire de viol. Selon leur enquête, l’ONG et le magazine dénoncent une « opération de censure grossière et mal ficelée », ayant pour but d’étouffer une information d’intérêt public, rapporte TopTribune.
Les événements remontent au 4 juin, journée de publication d’un nouveau numéro de L’Essor Savoyard, qui présentait un témoignage accablant d’un homme accusant de viol Anthony Granger, le premier adjoint au maire d’Annecy. En conséquence, ce dernier a été suspendu de ses fonctions par Antoine Armand, maire et ancien ministre de l’époque macroniste.
D’après l’enquête de RSF et de L’Essor Savoyard, les buralistes de la ville ont été étonnés de voir affluer des clients mystérieux désireux d’acheter le journal. Certains ont déclaré vouloir acheter 20 exemplaires, ou même 146, en prétextant des erreurs dans le numéro. Cette demande soudaine a conduit à une vente record pour le journal, qui généralement s’écoule à 2 000 exemplaires, augmentant de 50 % avec 1 000 exemplaires vendus en plus.
Les buralistes ont confirmé que ces acheteurs atypiques ne faisaient pas partie de leur clientèle habituelle. En recoupant des témoignages, RSF affirme avoir identifié plusieurs acheteurs liés à la mairie d’Annecy, dont Myriam Clerc, conseillère spéciale et ancienne collaboratrice parlementaire du maire. Cette dernière n’a pas souhaité commenter les accusations.
Un membre anonyme de la majorité municipale a déclaré à RSF et à L’Essor Savoyard que « certains élus ont été appelés pour acheter des journaux », une initiative qui, selon lui, a été décidée « dans un moment de panique ». Antoine Armand, quant à lui, assure qu’il n’y a eu aucune directive donnée pour étouffer l’affaire.