La colorimétrie et son impact sur le choix vestimentaire
La colorimétrie divise les couleurs en quatre grandes catégories : été, printemps, hiver et automne. Cette théorie, standardisée dans les années 1980 par la consultante en image américaine Carole Jackson, autrice du livre Color Me Beautiful, fait l’objet d’un regain d’intérêt au Québec, rapportent TopTribune.
Les saisons d’été et d’hiver sont considérées comme froides. « L’été, ce sont des couleurs plutôt claires et pastel, tandis qu’en hiver, on opte pour des teintes plus franches et profondes », explique Christiane Berthiaume, enseignante en mode au Collège LaSalle. Sa mère, ayant adopté la colorimétrie à ses débuts, offrait ses services au Saguenay. En revanche, le printemps et l’automne sont classés comme des saisons chaudes.
Pour le printemps, on pense aux couleurs comme un jaune jonquille, et l’automne, c’est des couleurs qui rappellent la moisson et les feuilles d’automne.
Christiane Berthiaume, enseignante en mode au Collège LaSalle
De nos jours, des sous-catégories ont été ajoutées, diversifiant les palettes de couleurs en 12, 16 ou même 23 saisons. « L’ancien système [de quatre saisons] était un peu trop restrictif », ajoute Berthiaume, qui est également styliste.
En plus de classer les couleurs selon leur teinte chaude ou froide (en ajoutant le jaune ou le bleu), une option neutre est désormais proposée. Les couleurs sont également divisées selon leur valeur (clair ou profond) en se fiant aux teintes claires ou foncées, et à la saturation (vive ou terne), où une couleur est lumineuse si elle est pure ou douce avec l’ajout de gris.
Une question de perception
Les analyses de colorimétrie reposent sur des bases scientifiques. Le contraste simultané, un phénomène d’optique, joue un rôle primordial selon Vasile Diaconu, professeur agrégé à l’École d’optométrie de l’Université de Montréal. « Grâce à l’antagonisme latéral des couleurs dans la rétine, une couleur d’un côté va influencer la couleur de l’autre », précise-t-il.
Pour illustrer, un gris placé à côté d’un orange apparaît plus bleuté et froid qu’il ne l’est réellement, influençant ainsi l’apparence de notre teint en fonction de la couleur de nos vêtements.
D’autres effets optiques entrent également en jeu lors de l’utilisation de la technique du drapage. Si un tissu jaune est posé sur les épaules, « la lumière peut refléter le jaune sur notre visage », explique Diaconu, notant que le gris donne une apparence terne seulement à cause de la lumière blanche réfléchie sur le visage.
Cependant, ces perceptions restent subjectives, car les couleurs peuvent varier d’un individu à l’autre et selon l’éclairage, précise-t-il. Pour des analyses rigoureuses, Berthiaume conseille de choisir des consultantes formées dans le domaine.
Est-ce utile ?
Intérêt croissant pour la colorimétrie au Québec s’observe ces dernières années. Gabrielle Proulx, consultante en image, a effectué plus de 500 analyses depuis le début de sa carrière il y a deux ans. Selon Catherine Truong, cet engouement observé aux États-Unis et même en Asie commence à s’installer au Québec, avec des séances d’analyse de colorimétrie d’une durée d’environ deux heures, coûtant près de 300 $ ; certaines sont également disponibles en ligne.
Une analyse peut se faire une fois dans sa vie, ou deux pour ceux qui grisonnent. « Cela permet d’acheter moins de vêtements et de mieux les choisir », souligne Truong, ajoutant que certaines séances se concentrent également sur les teintes optimales pour le maquillage et les teintures capillaires.
Gabrielle Tétrault a souhaité investir intelligemment dans sa garde-robe après son congé de maternité à l’été 2023. « Je voulais faire les bons choix », confie-t-elle, ayant été identifiée comme un « vrai automne », et a depuis acquis plusieurs pièces dans des teintes aubergine et rouge tomate, recevant de nombreux compliments.
Berthiaume souligne que connaître sa saison aide à réduire l’influence des tendances, permettant de faire des choix plus éclairés. Gabrielle Proulx apprécie l’aspect inclusif de la colorimétrie, affirmant que « peu importe ton âge, ton genre ou ton ethnie, c’est fait pour te mettre en valeur et souligner tes traits naturels ».