Accident impliquant le véhicule de fonction de Jean-Pierre Raffarin relance le débat sur ses privilèges
Un accident qui suscite des questions. Le 11 juin, le chauffeur de la voiture de fonction de Jean-Pierre Raffarin a heurté un conducteur de scooter dans le 8e arrondissement de Paris, a révélé Mediapart le 25 juin. Selon le média d’investigation, le véhicule de l’ancien Premier ministre s’est engagé dans un carrefour du boulevard Malesherbes avec gyrophare allumé et sirène hurlante, rapporte TopTribune.
Jean-Pierre Raffarin, qui se trouvait à l’arrière de la voiture, n’a pas été blessé. Cependant, le conducteur du scooter a dû être transporté à l’hôpital. « Cet accident a blessé une personne à moto, je le regrette profondément. Je me suis rendu immédiatement à l’hôpital pour prendre des nouvelles et laisser mes coordonnées », a déclaré Jean-Pierre Raffarin vendredi sur X, suite aux révélations de Mediapart.
Au-delà des circonstances de cet incident, l’événement a ravivé le débat concernant les avantages accordés aux anciens Premiers ministres. En effet, l’actuel chef du gouvernement a fait de cette question l’une de ses premières mesures symboliques à son arrivée au pouvoir en septembre 2025, lorsque Sébastien Lecornu a annoncé la suppression des avantages « à vie » des anciens membres du gouvernement, dès le 1er janvier 2026. « S’il est normal que la République protège les personnes faisant l’objet de menaces, il n’est en revanche pas concevable qu’ils puissent bénéficier d’avantages à vie en raison d’un statut temporaire », a écrit le Premier ministre.
Conformément à cette annonce, un décret a été publié, et le 1er janvier, 24 policiers et 24 chauffeurs ont été retirés aux anciens Premiers ministres, dont Jean-Pierre Raffarin. À présent, ces personnes bénéficient d’une voiture avec chauffeur durant dix ans, contrairement à la situation précédente où cet avantage était illimité. Cependant, la question demeure : pourquoi Jean-Pierre Raffarin, qui a été Premier ministre de 2002 à 2005, circulait-il encore avec un véhicule de fonction ?
Jean-Pierre Raffarin assure qu’il respectait les règles. « Au 1er janvier, les moyens qui m’étaient attribués ont été restitués conformément aux décisions du gouvernement. J’ai naturellement respecté les règles », a-t-il écrit sur X. Il explique que ses avantages sont liés à « une mission officielle temporaire et non rémunérée » sur les « relations sino-françaises », qu’il effectue depuis le 26 janvier. « Pour l’exercice de cette mission, les Affaires étrangères m’ont affecté une voiture et un conducteur », précise Raffarin.
Le Quai d’Orsay confirme auprès de Mediapart que « Jean-Pierre Raffarin s’est vu confier, par le président de la République, une mission internationale sur les relations économiques entre la France et la Chine ». « Dans ce cadre, le ministère des Affaires étrangères a été chargé de fournir les moyens adaptés à cette mission », ajoute le Quai d’Orsay, sans donner plus de précisions. Jean-Pierre Raffarin précise quant à lui qu’il rendra « les conclusions de cette mission au début de l’année prochaine ». L’ancien Premier ministre devra alors restitué la voiture de fonction qui lui a été attribuée.