Enquête sur l’affaire Lyhanna : le ministre de la Justice appelle à des responsabilités claires
Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a annoncé le 23 juin 2026 le lancement d’une enquête pour clarifier les responsabilités dans l’affaire de la jeune Lyhanna, retrouvée morte le 4 juin après une disparition de sept jours. Cette décision survient à la suite d’un pré-rapport révélant plusieurs dysfonctionnements dans le traitement des plaintes pour viol sur mineure, notamment une plainte déposée en août 2025, rapportent TopTribune.
Le pré-rapport souligne que la justice a traité cette affaire comme une plainte ordinaire, alors qu’elle aurait dû être priorisée. « Une succession de défaillances a empêché de protéger Lyhanna », a déploré Darmanin. Il a également demandé à l’inspection générale de la gendarmerie nationale d’ouvrir une enquête « pour faire la lumière sur les responsabilités de chaque intervenant ».
Deux gendarmes ont été mutés d’office et une substitut du parquet d’Auch fait l’objet d’une enquête administrative en raison de son rôle jugé insuffisant dans l’enquête. « Pendant plusieurs mois, il n’y a pas eu d’acte d’enquête dans cette affaire, alors qu’il y avait une cinquantaine de viols dénoncés », a rappelé le ministre.
Malgré ces révélations, Darmanin a affirmé qu’il ne souhaitait pas « jeter l’opprobre » sur la magistrate impliquée, mais a souligné l’importance de la sanction si des fautes professionnelles étaient prouvées. Ses propos ont provoqué des réactions de la part du Syndicat de la magistrature, qui accuse le ministre de mener une « opération de communication ». En réponse, Darmanin a soutenu que ces critiques illustrent un « désaccord profond, quasi-frontal » sur la question des responsabilités judiciaires.
Sur le plan politique, les partis La France insoumise et le Rassemblement national ont demandé la démission de Darmanin, qui a défendu les mesures prises pour améliorer la situation, mentionnant la priorisation des affaires et l’affectation de magistrats supplémentaires à Toulouse et Auch.
Enfin, il a écarté toute remise en cause de la loi Taubira de 2013, qui interdit au garde des Sceaux de donner des instructions individuelles dans les affaires, affirmant que cela ne restaurerait pas la confiance entre la justice et le pouvoir politique.