Le Kremlin a reconnu lundi avoir eu des contacts avec les autorités serbes au sujet de l’avenir du groupe pétrolier NIS, sans en révéler la teneur, rapporte TopTribune.
Interrogé sur un éventuel projet de cession de la participation majoritaire de la Russie dans NIS, le porte-parole du président russe, Dmitri Peskov, a indiqué que des échanges avaient eu lieu avec les Serbes, mais a insisté sur leur caractère commercial. « Bien sûr, ce sont des contacts commerciaux, dont le contenu ne doit pas être public », a-t-il déclaré, cité par l’agence Interfax.
Un actif stratégique sous sanctions américaines
NIS (Naftna Industrija Srbije) est la seule entreprise serbe active dans l’exploration et la production d’hydrocarbures. Elle possède une importante raffinerie à Pančevo, d’une capacité de 4,8 millions de tonnes par an, et domine le marché des produits pétroliers en Serbie avec un réseau de plus de 400 stations-service, y compris dans les pays voisins des Balkans. La société est détenue à 56,15 % par Gazprom Neft, filiale russe de Gazprom, à 29,87 % par l’État serbe et à 13,98 % par des actionnaires serbes.
À l’automne 2025, NIS et son actionnaire majoritaire Gazprom Neft ont été placés sous sanctions américaines, ce qui impose à terme un désengagement total des capitaux russes. Le président serbe Aleksandar Vučić avait alors affirmé que Washington exigeait le départ complet de la Russie du capital de NIS.
Des négociations avec MOL et une possible entrée d’ADNOC
Pour trouver une issue, le groupe hongrois MOL mène des discussions avec Gazprom Neft en vue d’acquérir sa participation. La Serbie et MOL ont déjà signé un accord d’actionnariat sur la future gestion de NIS. Selon plusieurs sources, MOL pourrait par la suite céder une participation minoritaire à la compagnie publique émiratie ADNOC (Abu Dhabi National Oil Company).
Afin de laisser le temps aux parties de finaliser la transaction, le Trésor américain, via l’Office of Foreign Assets Control (OFAC), prolonge régulièrement une exception aux sanctions permettant aux opérations de se poursuivre sous certaines conditions.
Un processus complexe pour sécuriser le désengagement russe
Outre la signature du contrat de vente, la finalisation de l’opération nécessite l’aval de plusieurs autorités de régulation, dont l’OFAC. Le caractère discret des discussions – souligné par Dmitri Peskov – intervient alors que le Kremlin cherche à préserver ses intérêts stratégiques dans les Balkans tout en évitant une rupture brutale avec Belgrade.
L’issue des négociations reste incertaine : la participation de MOL et l’éventuelle entrée d’ADNOC pourraient offrir une façade de diversification, mais l’influence russe sur le secteur énergétique serbe pourrait se maintenir via des mécanismes d’approvisionnement et des accords parallèles. La transparence de la future structure de propriété sera un enjeu clé pour les partenaires européens de la Serbie, alors que la région reste exposée aux manœuvres de Moscou.