Carrefour a annoncé ce mardi son engagement à retirer 5 000 tonnes d’emballages plastiques de ses magasins au cours des prochaines années, visant à « initier une transformation complète ». Ce projet fait suite à des mesures antérieures de déplastification, notamment pour les fruits et légumes, les piles, les ampoules et le textile. Le distributeur s’est engagé à éliminer le suremballage plastique des lots promotionnels d’ici 2028 pour ses propres marques et d’ici 2030 pour celles des marques nationales, rapporte TopTribune.
Recharges et bouteilles réutilisables
Dans son communiqué, Carrefour a détaillé cinq actions pour réduire l’utilisation du plastique dans des rayons où il demeure « encore trop souvent la norme ». L’objectif est de diminuer de 30 % les emballages plastiques des produits d’hygiène et d’entretien grâce à des formats de recharge en plastique recyclé, proposés à un prix de 10 à 20 % inférieur, ainsi que de grands contenants, ce qui permettrait de réduire de 2 000 tonnes le plastique utilisé. En outre, un emballage 100 % papier pour le papier hygiénique devrait engendrer une réduction supplémentaire de 1 500 tonnes.
Carrefour prévoit également de promouvoir les ventes de produits consignés, qui devraient être en moyenne 5 % moins chers par litre que leurs équivalents non réutilisables, avec plus de 1 000 références. L’enseigne a pour but de commercialiser 50 millions de bouteilles réutilisables d’ici 2030. De nouveaux emballages associant boîte en carton et fenêtre en plastique seront introduits pour les pâtisseries et viennoiseries au rayon traditionnel.
5 millions d’euros d’économie
Le groupe, dirigé par Alexandre Bompard depuis 2017, affirme avoir déjà supprimé 25 000 tonnes de plastique de ses rayons depuis sa précédente initiative. Avec les nouveaux emballages, Carrefour prévoit d’économiser 5 millions d’euros, qui seront réinvestis dans des baisses de prix pouvant atteindre 10 %.
Cette annonce intervient dans un contexte marqué par des tensions persistantes concernant le prix et la disponibilité du plastique, dont le coût a considérablement augmenté en raison de la guerre au Moyen-Orient. Carrefour précise que l’instabilité des marchés pétroliers et la hausse des éco-contributions, payées par les producteurs et distributeurs, ont entraîné une augmentation de 50 % du prix de la tonne de plastique vierge.
Récemment, plusieurs associations ont dénoncé l’omniprésence du plastique dans les supermarchés, soulignant le recours encore trop limité à la consigne du verre pour le réemploi. En réponse, le gouvernement envisage de mettre en place une consigne sur les bouteilles en plastique pour le recyclage, une question qui sera abordée lors d’une réunion de concertation prévue mardi.
Ces mesures témoignent d’une prise de conscience croissante au sein des grandes surfaces concernant la nécessité de réduire l’impact environnemental de leurs emballages. Les consommateurs attendent des actions concrètes et une initiative proactive de la part des distributeurs pour lutter contre la pollution plastique.
En parallèle, les tensions sur les prix des matières premières continuent d’affecter le secteur, et les consommateurs devront rester attentifs aux évolutions de cette problématique cruciale. La lutte contre le plastique devient ainsi un enjeu non seulement environnemental, mais également économique, dans ce contexte de crise et de transformation vers une économie plus durable.
Les initiatives de Carrefour illustrent un tournant dans la stratégie des grandes enseignes pour répondre aux défis écologiques croissants et satisfaire les attentes d’une clientèle de plus en plus soucieuse de l’environnement.