Au Croisic, des mesures expérimentales pour contrer la baisse des stocks de homards

Au Croisic, des mesures expérimentales pour contrer la baisse des stocks de homards

15.06.2026 19:56
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Inquiétudes autour de la population de homards dans les Pays de la Loire

À la criée du Croisic, Marion Citeau, responsable antenne du Comité Régional des Pêches des Pays de la Loire (Corepem), procède à une opération de marquage des homards. Sans crainte, elle manipule ces crustacés, vérifiant leur sexe et leur taille. À l’issue de cette inspection, les femelles destinées à la reproduction reçoivent une marque distinctive. Cette initiative vise à contrer la baisse alarmante des stocks de homards, rapportent TopTribune.

Le programme de marquage, réalisé en collaboration avec l’Ifremer, a pour but de relâcher ces jeunes femelles dans l’océan, leur permettant ainsi un nouveau cycle de reproduction. Depuis le début juin, les pêcheurs sont invités à isoler les femelles lors de leurs retours de pêche. Celles qui mesurent moins de 105 millimètres sont remises à l’eau afin de préserver la population.

Préserver les femelles pour la durabilité

Armand Brun, chargé de mission au Corepem, explique que les femelles de moins de 105 millimètres sont immatures et donc incapables de se reproduire. En les restituant à leur milieu naturel, on évite de commercialiser des homards femelles non reproduites. Les pêcheurs se voient ensuite interdire d’atterrir des homards déjà marqués, garantissant ainsi la durabilité de l’espèce à long terme.

Les causes de la diminution des captures

La situation devient préoccupante dans plusieurs régions côtières françaises. « La baisse du nombre de homards est une tendance générale depuis une dizaine d’années », observe Brun. Les chercheurs n’ont pas encore déterminé les causes précises de cette réduction des captures, mais trois hypothèses sont en lice : l’essor des parcs éoliens en mer, le changement climatique, et l’arrivée massive du poulpe, prédateur redouté des homards.

Dans la région, les ports du Croisic et de Noirmoutier représentent 66 % des débarquements de homards, avec la Loire-Atlantique totalisant à elle seule 20 % des débarquements en France, soit environ 50 tonnes par an. Cependant, ces dernières années, les viviers sont de plus en plus vides. Ludovic Thobi, un pêcheur local, témoigne : « Avant, mes collègues capturaient jusqu’à une centaine de homards par jour ; aujourd’hui, on en ramène une trentaine. »

Conséquences économiques pour les pêcheurs

Cet effondrement des stocks entraîne des implications significatives pour les acteurs de la pêche. Selon Thobi, la vente de homards constitue une « bonne partie du chiffre d’affaires » des pêcheurs. L’incertitude plane sur l’avenir de cette activité. La possibilité de se tourner vers la pêche aux poulpes est envisagée, mais ces derniers se trouvent en mer ouverte, rendant l’accès difficile avec l’équipement actuel des bateaux, tout en impactant la récolte de crevettes qui coïncide avec la saison de pêche des homards.

La situation a également un impact direct sur les prix du homard. Bien que le coût d’achat augmente, cela ne se traduit pas par une multiplication des bénéfices pour les pêcheurs, qui peinent à voir les oscilliations des prix. « On ne va pas doubler ni tripler les prix », déclare un spécialiste. Malgré tout, le projet mené par le Corepem pourrait apporter des bénéfices à long terme, bien que les résultats ne soient pas immédiats.

En parallèle, l’Océanorium du Croisic explore une méthode alternative consistant à élevage de larves de femelles plus âgées, qui sont ensuite relâchées dans leur habitat naturel. La demande de homards continue cependant de croître sans montrer de signes de ralentissement.

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